Alimenté par des vents violents, le "Camp Fire", qui a démarré jeudi, est devenu le plus destructeur jamais enregistré en Californie, avec au moins une trentaine de morts et plus de 6 700 bâtiments détruits à Paradise, ville de 27 000 habitants au nord de Sacramento.

Dans le comté de Butte, plus de 6 700 bâtiments, dont la plupart étaient des résidences, ont été consumés par l'enfer de fin de saison, qui est maintenant le feu le plus destructeur jamais enregistré en Californie.
Dans le comté de Butte, plus de 6 700 bâtiments, dont la plupart étaient des résidences, ont été consumés par l'enfer de fin de saison, qui est maintenant le feu le plus destructeur jamais enregistré en Californie. © AFP / Josh Edelson

Des vents violents, à la fois chauds et secs, se sont levés dimanche dans le sud de la Californie et d'autres sont attendus dans le nord, ce qui va compliquer la lutte contre les incendies qui ont fait une trentaine de morts. "Ça tourne mal", a commenté Marc Chenard membre du Service météorologique national de College Park, dans le Maryland. "Nous aurons des vents soutenus de 65 km/h et des rafales de 100 à 110", a-t-il précisé, évoquant le "vent du diable" qui souffle dans la région de Los Angeles, où l'incendie baptisé "Woolsey Fire" fait rage depuis jeudi.

Le dévastateur CampFire dans la région de Sacramento

Du côté du comté de Butte, l'incendie surnommé CampFire a, pour le moment, consumé plus de 40 000 hectares et n'est maîtrisé qu'à 20 %, selonCalFire, l'agence des pompiers de Californie.  

Les autorités estiment qu'il faudra en tout trois semaines pour maîtriser complètement les flammes dans cette zone des contreforts de la Sierra Nevada. 

A des dizaines de kilomètres autour de la ville de Paradise, le ciel était obscurci par une fumée âcre. Sur la route menant au centre-ville gisaient des carcasses de voitures. Les poteaux électriques étaient rongés par le feu. La cause de l'incendie n'a pas été identifiée officiellement. Selon le quotidien Sacramento Bee, des responsables locaux du réseau électrique ont indiqué aux autorités californiennes qu'une panne était survenue près du lieu où il a démarré. 

Le climat et la gestion des forêts

Le président Donald Trump, en voyage en France pour les cérémonies du centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, s'est attiré des critiques après avoir incriminé samedi sur Twitter la gestion des forêts "tellement mauvaise" et menacé de couper des subventions fédérales si elle n'était pas améliorée. 

Ce tweet est "mal informé, inopportun et humiliant pour tous ceux qui souffrent aussi bien que pour les hommes et les femmes sur la ligne de front", a déclaré Brian Rice, chef du syndicat des pompiers californiens, en qualifiant de "dangereusement fausse" l'affirmation du président évoquant une mauvaise gestion des forêts. Donald Trump a ensuite fait montre de plus d'empathie, tweetant : "nos cœurs sont avec ceux qui combattent les feux" ainsi qu'avec les évacués et les familles des victimes. Mais dimanche il a de nouveau tweeté : "avec une gestion adéquate de la forêt, nous pouvons stopper la dévastation qui frappe constamment la Californie. Soyez malins!".

Woolsey dévore la région de Los Angeles   

En Californie du Sud, d'autres incendies font rage dont le principal au nord de Los Angeles et un autre dans le comté de Ventura près de Thousand Oaks, là-même où un ancien militaire a ouvert le feu mercredi soir dans un bar de la ville, tuant douze personnes avant de se suicider.  Quelque 200 000 personnes, dont tous les habitants de Malibu, près de Los Angeles, où vivent de nombreuses célébrités, ont reçu l'ordre d'évacuer. 

"Woolsey" a dévoré plus de 30 000 hectares et détruit au moins 177 bâtiments .L'incendie a également détruit des lieux de tournage utilisés pour des centaines de productions, dont la série de HBO "Westworld".

La Californie a été frappée depuis la fin de l'année 2017 par de nombreux incendies meurtriers, rendus particulièrement violents par la sécheresse et les vents.

Les incendies en Californie depuis 2008
Les incendies en Californie depuis 2008 © AFP / Paul DEFOSSEUX, Gustavo IZUS, Gilian HANDYSIDE, Nicolas RAMALLO
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