C'est le scrutin de tous les dangers : ce dimanche, 40 millions d'électeurs sont appelés aux urnes en République démocratique du Congo. Ce scrutin, plusieurs fois reporté déjà, se déroule dans un climat de violences électorales. Samedi, plusieurs bureaux de vote n'étaient pas encore prêts.

Des affiches électorales pour les législatives à Lubumbashi, en République démocratique du Congo
Des affiches électorales pour les législatives à Lubumbashi, en République démocratique du Congo © AFP / Phil Moore

L'élection prévue ce dimanche en République dominicaine du Congo attise les inquiétudes et les interrogations, à désormais moins de vingt-quatre heures du début prévu du scrutin. Alors que 40 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, rien ne garantit encore que l'élection aura bien lieu dimanche. Depuis la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila fin 2016, le vote a déjà été reporté trois fois. Des élections locales et législatives sont également prévues dimanche. 

"La menace sécuritaire est sous contrôle"

L'élection se déroule dans un contexte de violences électorales et d'entraves aux déplacements des trois candidats : Emmanuel Ramazani Shadary, un fidèle de Kabila, Martin Fayulu, candidat "officiel" de l'opposition, et Félix Tshisekedi, autre candidat d'opposition. Vendredi soir, la commission électorale a réuni les trois candidats, et une autre réunion était prévue samedi à la mi-journée. "On nous a appelés pour signer un engagement selon lequel nous allons nous comporter correctement avant, pendant et après le processus électoral", explique Martin Fayulu. Mais cet engagement n'a été ni signé, ni diffusé. 

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Reportage dans l'un des derniers meetings de campagne d'Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin du président sortant Joseph Kabila

Par Anthony Fouchard

Si la commission électorale continue à annoncer que tout le pays votera dimanche, plusieurs bureaux de vote ont été trouvés vides, sans "machines à voter", selon des constatations de l'Agence France Presse sur place. Dans une interview au Monde, Joseph Kabila a assuré que les élections auraient bien lieu dimanche. "Des violences post-électorales ne sont pas à exclure, mais la menace sécuritaire est sous contrôle", a-t-il par ailleurs déclaré.

Les pays voisins inquiets

Les voisins de la RDC ont également bien compris que cette élection était celle de tous les dangers. Le scrutin de dimanche a fait l'objet d'un mini-sommet qui s'est tenu en milieu de semaine à Brazzaville, capitale de la république voisine du Congo. Car les pays riverains de Kinshasa sont très préoccupés par la bataille sans merci que se sont livrés les candidats, plus que jamais déterminés. 

Aucun d'entre eux ne semble prêt à concéder une défaite, au risque de provoquer l'embrasement du pays et d'une partie de la région, où la RDC a neuf voisins et presque autant de problèmes et de sources de conflit. A l'est elle est débordée par les guerres ethniques du Rwanda et du Burundi, au nord par le conflit au Soudan et en Centrafrique. L'Angola ne cache pas non plus son inquiétude en raison de la présence, en RDC, de centaines de milliers de réfugiés dont de très nombreux militaires, parfois mêmes des génocidaires devenus chefs de guerres facilement corruptibles, qui pourraient se rendre disponibles et au service de candidats qui refuseraient d'accepter leur défaite. 

Quelques centaines d'observateurs africains assisteront donc pour les opérations de vote. En revanche, la RDC a refusé toute mission d’observation européenne ou américaine. L'élection a été largement marquée par la mise à l'écart des observateurs internationaux au nom de la souveraineté nationale de la RDC. L'ambassadeur de l'Union européenne dans le pays s'est même vu poser un ultimatum de 48 heures pour quitter le territoire avant l'élection. 

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