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tweet Cisjordanie © Radio France

Des diplomates européens ont été malmenés vendredi en Cisjordanie par des soldats israéliens qui s’opposaient à la distribution d'aide humanitaire et de tentes à des bédouins palestiniens dont les habitations ont été détruites par l'armée.

Un journaliste de Reuters présent à Khirbet al Makhoul, dans la vallée du Jourdain, a vu des soldats de Tsahal lancer des grenades assourdissantes sur un groupe de diplomates, de travailleurs humanitaires et de Palestiniens.

Les diplomates français, du Royaume-Uni, d'Espagne, de Grèce, de Suède, d'Irlande, et de l'Union européenne, accompagnaient un convoi transportant des tentes et de l'aide.

Une diplomate française a été extraite sans ménagement du camion qui transportait l'aide

Marion Castaing, couverte de poussière a expliqué que des soldats l’avaient tirée hors du véhicule et l’avaient obligée à s'allonger au sol "au mépris de mon immunité diplomatique" dit-elle. Voilà comment on respecte ici le droit international." Un autre diplomate européen a qualifié l’incident de "choquant et révoltant."

Selon une porte-parole de l'armée "des Palestiniens et des activistes étrangers se sont violemment opposés à l'armée, lançant des pierres et frappant des représentants du maintien de l'ordre".

Des journalistes de Reuters sur les lieux n'ont vu aucun jet de pierre et n'ont pas constaté la présence d'activistes étrangers. La diplomate française, cependant, a frappé un soldat au visage après s'être relevée.

Les explications de Sébastien Laugénie

### ### La Haute Cour israélienne a jugé illégale l’installation d’habitations de fortune
L'armée israélienne a déclaré de son côté que les soldats avaient tenté de s'opposer à l'installation de tentes sur ce terrain, conformément à la décision rendue par la justice. Ils ont d'ailleurs confisqué le camion qui transportait les vivres et les tentes. Les militaires israéliens avaient déjà empêché mardi le CICR d'installer des tentes. La Haute Cour israélienne a jugé illégale l’installation d’habitations de fortune des quelque 130 habitants de Khirbet al Makhoul, faute de permis de construire valide. Selon la population locale, Tsahal a démoli lundi leurs logements, mais les habitants ont refusé de quitter le terrain sur lequel, expliquent-ils, leurs aïeux ont habité pendant des générations avec leurs troupeaux de moutons. Dans un communiqué, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'Onu (Ocha) a indiqué qu'il s'agissait du troisième campement bédouin démoli par les Israéliens sur la rive occidentale du Jourdain depuis le mois d'août. Makhoul se trouve, comme 90 % de la vallée du Jourdain, en zone sous contrôle total de l'armée israélienne, qui n'y délivre de permis de construire que de manière très restrictive, obligeant les habitants palestiniens à y bâtir sans autorisation, selon les Palestiniens et les organisations de défense des droits de l'Homme.
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