Les médias espagnols couvrant le référendum en Catalogne sont visés par de nombreuses attaques et menaces, selon Reporters sans frontières.

Les médias espagnols victimes d'attaques et d'intimidation
Les médias espagnols victimes d'attaques et d'intimidation © AFP / Alain Pitton / NurPhoto

Reporters sans frontières (RSF) a publié un rapport intitulé "Respect pour la presse en Catalogne". Il dénonce le climat irrespirable pour la liberté de presse dans la région catalane. Journalistes locaux et correspondants se plaignent de pressions du pouvoir et de harcèlements sur les réseaux sociaux d’une ampleur inégalée. Ce rapport a été publié avant le référendum du 1er octobre. Il y est question du "climat oppressant qui entoure l’exercice du journalisme devenu irrespirable dans la région".

Puis il y a eu le référendum dimanche, et les violences qui l'ont accompagné. Parmi les 850 blessés recensés à la suite des différentes interventions policières et des manifestations, on dénombre plusieurs journalistes et photoreporters selon RSF, comme a pu en témoigner ce journaliste sur Twitter :

Sofia Cabanes, rédactrice du quotidien numérique NacióDigital dans le canton de Terres de l’Ebre et pigiste pour l’agence de presse EFE dans la région, a également été frappée à coup de matraque sur le bras par des officiers de la Garde Civile (police militaire espagnole), dans la région de Tarragone.

RSF évoque également d'extrêmes difficultés d'exercer leur métier pour de nombreux journalistes sur place :

Des foules indépendantistes ont harcelé sans relâche les reporters espagnols lors de leurs direct, créant des conditions de travail infernales

Les deux bords sont montrés du doigt : les indépendantistes face à des journalistes représentant des médias "pro-Espagne" comme El Pais ou El Periodico. Puis les autorités espagnoles et les anti-référendum face à des journalistes catalans. Certains reporters et correspondants évoquent des menaces verbales, des menaces de mort. D'autres ont vu leur voiture de reportage caillassée.

Un traitement du référendum trop partial

Par ailleurs, de nombreux journalistes ont dénoncé le traitement du référendum qui était fait sur leur antenne.

Au siège de la télévision publique espagnole, les journalistes ont manifesté contre leur direction et contre la couverture partiale et orientée du référendum . Le Conseil de l’Information de TVE composé de journalistes qui veillent à la neutralité de la chaîne de télé publique réclame la démission de l’ensemble de la direction des Informations pour “omission de son devoir de service public ".

La radio publique a, de son coté, fait le choix de ne pas couvrir le référendum à l'antenne. Le Conseil de l'information des journalistes du groupe dénonce ce choix délibéré d'occulter l'actualité :

Les citoyens qui ont écouté Radio 1 ou Radio 5 à la recherche des derniers événements relatifs au référendum n’ont trouvé sur l’antenne que des chansons ou des reportages qui n’avaient aucun lien avec l’actualité

Le bureau de RSF en Espagne a d'ailleurs mis en place une page web permettant à tous les journalistes qui le souhaitent de dénoncer toute attaque à la liberté de la presse qu'ils auraient constatée ou vécue.

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