"Notre but est de stopper la hausse", a expliqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu en annonçant un reconfinement national d'au moins trois semaines.

Un juif-orthodoxe portant un masque de protection et une visière contre le coronavirus, dans une rue de Jérusalem.
Un juif-orthodoxe portant un masque de protection et une visière contre le coronavirus, dans une rue de Jérusalem. © AFP / Emmanuel Dunand

Retour à la case départ. Israël est devenu dimanche soir le premier pays fortement affecté par le coronavirus à réimposer un confinement national, d'au moins trois semaines, pour tenter de juguler une seconde vague de contamination. "Le gouvernement a décidé de mettre en oeuvre un confinement strict de trois semaines avec l'option d'étendre cette mesure", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche lors d'une allocution télévisée.  

Comme le montre cette courbe, le nombre de cas de coronavirus repart fortement à la hausse depuis le début du mois de septembre. La situation est en effet préoccupante : Israël est aujourd'hui le deuxième pays au monde ayant enregistré le plus de cas par habitant au cours des deux dernières semaines, après Bahreïn avec qui - ironie de l'Histoire - il va signer un accord de reconnaissance mutuelle, ce mardi, à la Maison Blanche à Washington.

Réouverture précipitée des écoles, regroupements

À partir du début du mois de mai, avec la réouverture des écoles à l'issue du premier confinement, puis tout l'été avec la tenue de mariages rassemblant parfois des centaines de personnes, le taux d'infection est reparti à la hausse. 

Les autorités avaient d'ailleurs imposé la semaine dernière un couvre-feu à une quarantaine de villes du pays, notamment dans les secteurs arabes et juifs ultra-orthodoxes d'Israël, ce qui n'a pas empêché le nombre de cas de progresser avec à la clé des hôpitaux et un personnel médical "débordés". Si le pays a acquis des respirateurs durant la première vague, le système de santé reste largement sous-financé et sous-doté depuis des années.

Le manque de respect des gestes élémentaires de précaution a été aggravé par les très fortes températures des mois de mai et de septembre avec des pointes à 48 degrés le jour et 35 degrés la nuit rendant insupportable le port du masque.

Vives tensions sur la question du reconfinement

A l'approche des fêtes juives, le pays a aussi vécu les derniers jours sous le signe d'un débat, parfois intense, entre tenants d'un "seger khelki" et autres d'un "seger clali", soit entre défenseurs d'un confinement partiel ou général. Le gouvernement a opté non seulement pour la seconde option, mais a étendu la mesure sur au moins trois semaines, pendant toutes les fêtes juives, pour tenter de limiter la propagation de la Covid-19 au moment où les familles se rassemblent et les fidèles se retrouvent dans les synagogues. Les écoles devraient même être fermées pour un mois pour avoir une période transitoire après la fin de ce deuxième confinement.

"Notre but est de stopper la hausse", a déclaré Benjamin Netanyahu, avec un tableau de données à l'appui pour dire aux Israéliens, dont des milliers ont manifesté ces dernières semaines contre la gestion de la pandémie par le gouvernement, que l'économie du pays avait moins souffert de la Covid-19 que celles de la France, de l'Allemagne ou du Royaume-Uni. Cependant, le chef du gouvernement n'a pas évoqué les chiffres du chômage qui s'est envolé en mars, bien plus haut qu'en France par exemple.    

Prières groupées autorisées... sous condition

Le nouveau confinement entrera en vigueur à partir de vendredi pour la fête de Rosh Hashana (nouvel an juif), se poursuivra pendant Yom Kippour et se terminera au dernier jour de Soukkot, vers le 9 octobre prochain, ont précisé les autorités. 

Les prières seront autorisées à dix personnes maximum dans les lieux fermés et à vingt personnes dans les lieux ouverts. Mais ce confinement sera-t-il aussi bien respecté que le premier ? Beaucoup de sondages et de reportages font part de la défiance des Israéliens envers ce gouvernement de coalition associant la droite, les religieux, le centre et une partie de la gauche pourtant expressément missionné pour... lutter contre le coronavirus !

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