À 13 ans, Inga Zasowska a passé tous les vendredi du mois de juillet devant le parlement polonais, avec sa pancarte "La grève des vacances pour le climat" dans les mains. Une action pour exhorter le gouvernement à agir enfin pour lutter contre le dérèglement climatique. Rencontre.

Inga Zasowska a passé tous ses vendredi du mois de juillet devant le parlement polonais à Varsovie.
Inga Zasowska a passé tous ses vendredi du mois de juillet devant le parlement polonais à Varsovie. © AFP / Janek SKARZYNSKI

C’est une jeune fille très réservée qui nous accueille chez elle, en banlieue de Varsovie. Inga Zasowska a pourtant passé tous ses vendredi du mois de juillet devant le parlement polonais, le Sejm, à Varsovie. Seulement âgée de 13 ans, la jeune fille a attiré l’attention des médias du pays et celle de quelques camarades. "Plusieurs jeunes m’ont rejoint et nous avons mené la grève des vacances ensemble", raconte Inga. "Le mouvement que j’ai lancé a même été suivi par des collégiens et lycéens, dans d’autres grandes villes du pays, comme à Lodz, Katowice, Wroclaw."

"Le gouvernement polonais n’agit pas"

Devant le parlement national, à Varsovie, Inga Zasowska reçoit aussi le soutien de députés de l’opposition. Mais aucun membre du parti au pouvoir, Droit et Justice, n’est venu la voir. 

"Le gouvernement ne fait rien pour agir contre le réchauffement climatique", explique Inga. "Il ne diminue pas notre production et notre consommation de charbon, il n’y a pas de programme sérieux pour développer les énergies renouvelables. On n’apprend rien ou presque sur le développement durable à l’école. Alors j’ai décidé d’agir et de participer à la grève des jeunes."

En mars dernier, elle manifeste à Varsovie lors du premier mouvement des collégiens et lycéens pour le climat. Mais cet engagement ne lui suffit pas. Alors elle décide de "faire grève" devant le parlement polonais cet été. 

"Je ne me considère pas comme la Greta Thunberg polonaise"

Sensibilisée aux questions environnementales par sa mère, toutes les deux considèrent la suédoise Greta Thunberg, à l’origine de la grève de l’école pour le climat, comme un modèle, une source d’inspiration, à l'image d'autres jeunes femmes à travers la planète, comme nous vous l'expliquons dans notre article. Mais "je ne me considère pas comme la Greta Thunberg polonaise", ajoute Inga. Qui ajoute : 

"Je ne me suis pas autant investi qu’elle, je ne suis pas du tout aussi connue qu’elle. Et puis, c’est toujours plus difficile de débuter un mouvement, comme elle l’a fait."

Sur sa page Facebook, Inga Zasowska publie quotidiennement des articles, des vidéos pour sensibiliser ses amis à la gravité du réchauffement climatique - la Pologne a souffert cet été d’un dramatique épisode de sécheresse -, ou à la pollution – près de 50 000 polonais meurent chaque année à cause de la pollution de l’air, le smog. 

"Je ne sais pas si j’arriverais à changer les mentalités des parents de mes amis", admet-elle. "Mais au moins, dans mon école, on parle davantage de ces sujets."

Dépression climatique

À ses côtés devant le parlement polonais, sa mère, Patrycja Zasowska. C’est elle qui, en parlant d’un livre sur le sujet à sa fille, l’a fait entrer dans "une forme de dépression climatique." "Inga s’est un peu enfermée sur elle-même, tout ce qu’elle a lu l’a rendu très triste." 

Accusée par certains internautes d’avoir poussé sa fille à manifester, elle se défend : "Le parlement, c’était son idée au départ. Je ne l’ai pas forcé à aller devant. Les enfants peuvent très bien décider d’agir seuls, sans leurs parents."

Devenue l’un des visages de la lutte contre le réchauffement climatique en Pologne, Inga Zasowska manifestera avec plusieurs centaines de jeunes à Varsovie ce vendredi. 

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