Le président des États-Unis a comme souvent, fait son annonce sur Twitter, et elle fait beaucoup réagir depuis : l'interdiction des personnes transgenres dans les rangs de l'armée.

Donald Trump, 26 juillet 2017.
Donald Trump, 26 juillet 2017. © AFP / CHRIS KLEPONIS / DPA

Plus de personnes transgenres dans l'armée des États-Unis, l'annonce de Donald Trump sur le réseau social Twitter provoque un torrent de réactions. Une nouvelle fois, il s'agit de remettre en cause les mesures prises sous le gouvernement de Barack Obama. L'ancien président avait pris plusieurs dispositions en faveur des personnes transgenres, notamment de permettre aux enfants et aux adolescents de choisir les toilettes de leur choix dans leur établissement scolaire. Une autre mesure supprimée par Donald Trump.

Quels arguments ?

Un seul. Dans ses tweets, Donald Trump évoque "le fardeau des coûts médicaux énormes" nécessaires pour changer de sexe. Un argument, mis à mal par le centre de réflexion RAND. D'après son étude, ces soins médicaux représenteraient 2,4 à 8,4 millions de dollars par an pour les 2.500 soldats transgenres en service actif et les 1.500 réservistes. Ce qui, dans le budget total de plus de 500 milliards de dollars en 2016 du Pentagone, serait l'équivalent d'une goutte d'eau. Précisément, 0,00048% à 0.00168% du budget.

En revanche, cette annonce est le résultat d'une pression des conservateurs sur un sujet extrêmement sensible aux États-Unis. Au Texas par exemple, depuis les mesures supprimées de Barack Obama sur le sujet, l'État est sur le point d'adopter une loi : forçant les élèves transgenres à utiliser les toilettes et les vestiaires de leur sexe de naissance.

Levée de boucliers

Les membres de l'armée transgenres seront-ils exclus ? La question est à l'étude selon la porte parole de la Maison Blanche. Si la réponse devait être oui, une autre question se pose : comment seront elles identifiées ? En 2014, Barack Obama a pris un décret interdisant toute forme de discrimination liée à l'identité de genre dans l'administration et pour les prestataires de l'Etat fédéral. En plus, selon les mouvements de défense des droits civiques, la décision de Trump est contraire au principe d'équité garanti par la Constitution. Elle peut donc être contestée en justice.

Sur internet, les personnalités critiquent. L'icône des minorités sexuelles Lady Gaga en premier lieu. Dans le camp des républicains, John McCain, mitraille "tout Américain qui répond aux standards en vigueur sur le plan médical et de la préparation doit pouvoir continuer à servir". Surtout, certains vétérans de l'armée américaine sortent de l'ombre comme Kristin Beck. L'ancien Navy Seal s'est déclarée transgenre après plus de 20 ans dans la force spéciale de la marine de guerre américaine. Décorée à de nombreuses reprises, elle interpelle le président des États Unis , "voyons- nous en tête-à-tête et dites moi que je ne suis pas digne".

Même mobilisation chez Chelsea Manning, ancienne analyste et lanceuse d'alerte pour Wikileaks.

De son coté, l'armée canadienne a pris l'exact contrepied sur Twitter, quelques heures après la déclaration de Donald Trump. Depuis 1992, l'armée à la feuille d'érable a abrogé une ordonnance permettant d'exclure de ses ranges toute personnes soupçonnée de "déviance sexuelle".

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