Un conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni samedi après-midi après l'intervention ciblée des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France contre des sites permettant de conserver ou de produire des armes chimiques en Syrie. Une intervention dénoncée par la Russie, qui appelle à des sanctions.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence samedi après l'intervention conjointe des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, contre l'arsenal chimique du régime syrien.
Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence samedi après l'intervention conjointe des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, contre l'arsenal chimique du régime syrien. © AFP / HECTOR RETAMAL

La Russie a demandé samedi au Conseil de sécurité des Nations unies de voter, à la fin de sa réunion d'urgence samedi, sur son projet de résolution condamnant les frappes occidentales en Syrie alors que les États-Unis affirmaient être "prêts à dégainer" de nouveau. 

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Sortir de l'impasse syrienne

La France de son côté a annoncé le dépôt prochain d'une nouvelle résolution à l'ONU pour sortir "de l'impasse syrienne". "Nous présenterons dans les meilleurs délais un projet de résolution avec nos partenaires britanniques et américains", a déclaré l'ambassadeur français, François Delattre. 

Selon une source diplomatique française, la France compte, avec son projet, pousser pour la création d'un mécanisme d'enquête sur le recours aux armes chimiques, favoriser un accès humanitaire sans limite et obtenir une nouvelle dynamique du processus de paix engagé à Genève

Auparavant, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, avait vivement dénoncé les attaques aériennes américaines, françaises et britanniques. "Vos agressions aggravent la situation humanitaire" en Syrie, a-t-il dit. "Vous n'êtes pas sortis du néo-colonialisme", a-t-il aussi lancé, en estimant que Washington, Londres et Paris avaient "foulé au pied la charte de l'ONU". Le projet russe, de cinq paragraphes, n'a aucune chance d'être adopté en raison du droit de véto dont disposent les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne. 

Le texte dénonce la survenance des frappes occidentales tôt samedi alors qu'une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouve en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma. 

De nouvelles frappes en cas d'emploi d'armes chimiques

Il demande aussi l'arrêt "sans délai" de "l'agression" contre la Syrie. Les États-Unis ont déjà annoncé qu'il n'y aurait pas de nouvelles frappes tant que le régime syrien s'abstient de recourir à des armes chimiques. 

"J'ai parlé au président (Trump) ce matin, il a dit que si le régime syrien continue d'utiliser ce gaz toxique, les Etats-Unis sont prêts à dégainer de nouveau", a dit l'ambassadrice des Etats-Unis Nikki Haley devant le Conseil de sécurité. 

Elle a réaffirmé que les États-Unis étaient dans leur droit pour mener des attaques aériennes en Syrie. 

En début de réunion, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les membres du Conseil de sécurité à "agir en accord avec la Charte des Nations unies et dans le cadre du droit international" lorsqu'il est question de "paix et sécurité".

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