sa famille a fui les violences de Mossoul et fait partie des réfugiés de ce camp dans la banlieue d'Erbil
sa famille a fui les violences de Mossoul et fait partie des réfugiés de ce camp dans la banlieue d'Erbil © Reuters

La ville d'Erbil, au nord de l'Irak, vit un double défi. Elle doit à la fois accueillir des dizaines de milliers de réfugiés, majoritairement des chrétiens en exil, et se préparer à une attaque des combattants djihadistes de l'Etat islamique (EI). La France se dit "prête à prendre toute sa part" dans l'aide aux populations civiles. Mais sur place, les habitants en demandent plus.

Pour le patriarche des chaldéens de Babylone, Mgr Louis Sako, l'urgence est avant tout humanitaire plutôt que militaire. "Il faut faire quelque chose, c'est comme un tremblement de terre. Il y a un besoin d'aider ces familles là", dit-il en référence aux milliers de réfugiés qui s'entassent à Erbil. "C'est une catastrophe. Peut-être qu'après il faut penser à une protection internationale", poursuit Mgr Louis Sako. "Comme le secrétaire général de l'Onu l'a dit : c'est un crime contre l'humanité. Toute l'humanité doit bouger".

Ecoutez le patriarche Mgr Louis Sako au micro de Leatitia Saavedra :

Dans la ville de 500.000 habitants, capitale du Kurdistan irakien, les réfugiés attendent plus que des frappes ciblées. L'un d'eux déclare

Envoyez-nous des avions, pas de l'aide alimentaire. Ce que nous voulons,c'est partir d'ici

L'ONU a indiqué vendredi qu'elle cherchait maintenant à établir un "corridor humanitaire" dans le nord de l'Irak pour permettre d'évacuer les civils menacés. Le Royaume-Uni a annoncé des parachutages de vivres dans les prochaines 48 heures.

En prenant le contrôle du barrage de Mossoul vendredi, les djihadistes ont en effet mis la main sur l'approvisionnement en eau et en électricité d'une large partie de l'Irak. Les combattants de l'EI sont désormais à moins de quarante kilomètres des portes de la ville d'Erbil.

Ecoutez le reportage à Erbil de Julie Marie-Leconte :

La France reste vague sur son aide

Plus tôt dans la journée de vendredi, les Etats-Unis ont décidé de bombarder des pièces d'artillerie mobile de l'Etat islamique autour de la ville menacée. Quelques heures auparavant, Brack Obama avait autorisé ces frappes. Le chef de l'armée irakienne, Babaker Zebari, a estimé que cet appui aérien allait permettre "d'énormes changements sur le terrain dans les prochaines heures".

Charlotte Alix revient sur ces frappes américaines :

Le président de la République François Hollande s'est félicité de la décision importante américaine pour contrer l'Etat islamique. Il en appelle également à une mobilisation de l'Union européenne. La France est "prête à prendre toute sa part" dans l'aide aux populations civiles victimes des "exactions intolérables" de l'Etat islamique en Irak, a déclaré vendredi l'Elysée dans un communiqué.

Hier, François Hollande s'était déjà dit prêt à "apporter un soutien" aux forces engagées en Irak contre l'Etat islamique lors d'un entretien téléphonique avec le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani. Mais pour le moment, il n'y a rien de concret derrière ces déclarations.

Ecoutez l'analyse d'Aurélien Colly :

►►►POUR EN SAVOIR PLUS | Les Etats-Unis lancent des frappes ciblées

La situation en Irak ces deux derniers jours.
La situation en Irak ces deux derniers jours. © Radio France
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