C'est une "coalition de combat" qui a vu le jour à Paris selon l'expression d'un cadre du Quai d'Orsay. Trente pays en font partie dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, avec un absent de taille, l'Iran. Téhéran, sous la double pression des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite, n'était pas invité et n'a pas souhaité venir à Paris.Or, l'Irak avec plus de 1 000 km de frontière commune avec l'Iran, souhaite que son voisin prenne sa part dans la lutte contre l'Etat islamique. Même le Quai d'Orsay reconnait que l'Iran a joué un rôle positif dans la région de Mossoul en fournissant armes, conseillers militaires et aide humanitaire aux Kurdes face aux djihadistes.Même s'il n'est pas question de "coordination militaire" avec Téhéran, les Américains reconnaissent que les discussions "diplomatiques" continuent avec les Iraniens."Il a toujours été improbable que l'Iran devienne un membre à part entière de la coalition mais je crois que l'on peut continuer à espérer que l'Iran soutienne les grandes lignes de notre projet, " estime le patron du Foreign Office, Philip Hammond.Au-delà de cet effort international et régional, l'Etat islamique ne pourra être vaincu que par les Irakiens eux-mêmes. "La question sunnite est au coeur du succès ou de l'insuccès en Irak", explique-t-on au Quai.Le meilleur antidote à l'Etat islamique, ce sont les tribus sunnites qui quadrillent le terrain." Traduction : comme lors du "surge" de 2007-2008 au cours duquel les Américains avaient payé et enrolé 100 000 miliciens sunnites (sahwa) pour défaire Al-Qaïda, les Occidentaux espèrent rééditer la manoeuvre. Car les frappes aériennes ne suffiront pas à tenir le terrain. Il faudra donc payer en espèces sonnantes et trébuchantes les tribus sunnites qui réclament leur part de pouvoir à Bagdad. Avec le départ du Premier ministre Maliki, c'est désormais envisageable, espère-t-on à Paris.Quid de la Syrie ? Il faudra bien à un moment donné porter le fer en territoire syrien. Au-delà de la question légale, c'est-à-dire d'un feu vert ou non de l'ONU, quelle attitude adopter vis-à-vis de Bachar Al-Assad soutenu par l'Iran et la Russie, tous deux membres de cette "coalition de combat" ? Les divisions risquent d'éclater au moment où cette question se posera. Mais demain est un autre jour...

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