les chiites en irak appelés à prendre les armes face aux rebelles sunnites
les chiites en irak appelés à prendre les armes face aux rebelles sunnites © reuters

Les djihadistes sunnites, dont la progression en direction de Bagdad a ralenti ce week-end, ont ouvert un nouveau front dans le nord-ouest de l'Irak, dimanche, en attaquant une ville proche de la frontière syrienne.

De violents combats ont éclaté entre les forces de sécurité irakiennes et des militants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) à Tal Afar, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Mossoul.

"La situation à Tal Afar est désastreuse. Il y a des combats très violents et la plupart des familles sont terrées dans leurs maisons donc elles ne peuvent pas fuir la ville", a déclaré un responsable municipal. "Si les combats continuent, il pourrait y avoir de nombreuses victimes civiles."

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Les États-Unis se disent très inquiets. À tel point que le pays a commencé à envoyer des renforts de sécurité pour protéger leur ambassade à Bagdad.

Washington envisage maintenant très sérieusement de coopérer avec Téhéran pour faire face à l’avancée des djihadistes. Les explications de Charlotte Alix, correspondante de France Inter à New York

Bagdad pas épargnée

Si l'avancée de l'EIIL semble contenue à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad, où les autorités disent avoir lancé une contre-offensive et repris du terrain, la capitale irakienne n'est pas épargnée par les violences.

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Dimanche, un attentat-suicide a fait au moins neuf morts et une vingtaine de blessés dans une rue commerçante du centre de la ville. Dans la ville de Khlais, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bagdad, des tirs de mortiers des insurgés ont fait au moins six morts parmi les soldats et les volontaires qui ont répondu à l'appel du plus haut dignitaire chiite du pays à prendre les armes.

Exécutions de masse

L'EIIL a répondu en publiant sur son compte Twitter des photos et des vidéos d'exécutions de masse de dizaines de personnes désarmées, habillées pour la plupart de vêtements civils et allongées sur le sol. Les djihadistes disent avoir exécuté des centaines de déserteurs de l'armée irakienne capturés alors qu'ils tentaient de fuir les combats.

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"Voilà le sort qui attend les chiites que Nouri (al Maliki) a envoyé combattre les sunnites", lit-on sur une des images. L'authenticité de ces images n'a pas pu être vérifiée.

À Kirkouk, les Kurdes tirent leur épingle du jeu

Avec le raid éclair des djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant, l’armée kurde a pris pied dans des secteurs jusqu'à présent disputés avec le pouvoir central. Parmi ces endroits, la ville pétrolière de Kirkouk à 100 km de Tikrit (aujourd’hui tenue par les djihadistes).

Cette avancée de l’armée Kurde inquiète les minorités de Kirkouk. Les ambitions des Kurdes sur cette partie du territoire restent incertaines, mais d'ores et déjà, la physiononmie de la ville a changé, et le pétrole de Kirkouk est l’une des clés pour la creation d’un État kurde.

►►► REPORTAGE VIDÉO. Kikouk, ville irakienne tenue par l'armée kurde.

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