Les jihadistes détruisent des trésors antiques au musée de Mossoul
Les jihadistes détruisent des trésors antiques au musée de Mossoul © Capture d'écran

Les jihadistes du groupe État islamique ont détruit des trésors pré-islamiques du musée de Mossoul en Irak, une ville qu'ils contrôlent depuis début juin. L'Unesco demande la convocation d'une réunion de crise du Conseil de sécurité de l'ONU.

C'est dans une vidéo que le groupe État islamique montre des jihadistes en train de faire tomber des statues de leur socle et de les détruire à coups de masse. Ces trésors pré-islamiques font partie des collections du musée de Mossoul qui renferme des objets inestimables. Ils appartiennent aux périodes assyrienne et hellénistique, datant de plusieurs siècles avant l'ère chrétienne.

Des statues détruites à coup de masse

Dans ce film de cinq minutes, on voit aussi les activistes du groupe État islamique utiliser un perforateur pour défigurer un taureau ailé assyrien en granit, sur le site archéologique de la porte de Nergal à Mossoul. Un jihadiste s'adresse à la caméra et justifie les destructions : "fidèles musulmans, ces sculptures derrière moi sont des idoles des peuples d'autrefois qui les adoraient au lieu d'adorer Dieu ".

Le directeur du Metropolitan Museum de New York estime que ces destructions sont "catastrophiques ". Le musée de Mossoul est l'un des plus importants du Moyen-Orient. Il renferme des collections qui témoignent de toutes les civilisations de la région, "avec des sculptures remaquables de villes royales comme Nimrud, Ninive et Hatra ".

L'Unesco demande une réunion en urgence du Conseil de sécurité

Des experts ont confirmé ces destructions. Ils les comparent à la démolition en 2001 des Bouddhas de Bamiyan par les talibans en Afghanistan. La directrice générale de l'Unesco demande une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. "Cette attaque est bien plus qu'une tragédie culturelle, c'est également une question de sécurité parce qu'elle alimente le sectarisme, l'extrémisme violent et le conflit en Irak ", dénonce la responsable de l'Unesco, Irina Bokova.

Manuel Valls voit dans ces destructions de trésors inestimables, la disparitiion "d'une part de l'esprit humain et de l'universel ".

L'ancienne ministre de la culture, Aurélie Filippetti, est atterrée elle aussi.

On s'attaque au passé, à l'histoire et aussi à l'avenir car ces oeuvres ne pourront plus être transmises aux générations futures

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