hassan rohani officiellement investi à la présidence iranienne
hassan rohani officiellement investi à la présidence iranienne © reuters

Le nouveau président iranien Hassan Rohani suscite de grands espoirs auprès des Iraniens qui attendent plus de liberté et des avancées dans le dossier du nucléaire qui empoisonne les relations de la République islamique avec l'Occident.

Hassan Rohani vient de recevoir l'onction du Guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei qui, lors d'une cérémonie sur un site religieux de la capitale, l'a embrassé sur la joue avant que le successeur de Mahmoud Ahmadinejad ne dépose à son tour un baiser sur son épaule en guise de soumission.

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Le Guide, dans une déclaration lue en son nom à cette occasion, a fait son éloge :

C’est la sélection d'une personnalité de valeur qui a servi pendant plus de trois décennies la République islamique (...) et qui, depuis le début de la lutte révolutionnaire (...), a résisté aux ennemis de la Révolution islamique.

Symbole de la passation des pouvoirs, Ali Khamenei a pris des mains de Mahmoud Ahmadinejad le mandat présidentiel pour le remettre à Hassan Rohani, avant que le nouveau président ne prenne la parole :

La modération ne signifie pas dévier des principes et n'est pas un conservatisme face aux changements. La modération (...) est une approche active et patiente de la société de manière à se démarquer de l'abysse de l'extrémisme. Dans l'arène internationale, nous prendrons aussi de nouvelles mesures pour promouvoir la nation iranienne et ses intérêts et obtenir la levée des sanctions.

Le nouveau président veut renouer le contact avec l’Occident

La simple fin des huit années de pouvoir de son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, qui s'était mis à dos l'Occident pour son intransigeance dans le domaine nucléaire, son ton virulent envers Israël et son manque de considération des droits de l'homme, constitue déjà un soulagement pour les opposants de ce dernier. La tonalité sans concession des discours de Mahmoud Ahmadinejad a bloqué les négociations sur le dossier nucléaire tandis que les sanctions de plus en plus sévères adoptées en représailles par l'Occident, couplées à une mauvaise gestion économique, ont mis les Iraniens à genoux.

Hassan Rohani est avant tout un homme du sérail : il a passé 16 années comme chef du Conseil suprême pour la sécurité nationale et les huit dernières années comme l'un des deux représentants personnels du Guide suprême, véritable n°1 de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei. Malgré cela, il a tenté d'envoyer des signaux d'ouverture.

Hassan Rohani veut jouer la carte de la transparence

Nous allons développer la confiance entre l'Iran et les autres pays. La confiance mutuelle et la transparence dans le cadre des réglements et principes internationaux sont la solution pour mettre fin aux sanctions.

Hassan Rohani s'était également montré conciliant sur le dossier syrien. L'Iran chiite soutient financièrement et militairement le camp alaouite (une branche du chiisme) au pouvoir de Bachar al Assad, en proie à une insurrection sunnite soutenue par les Etats arabes du Golfe et certains Etats occidentaux. Mais tout en saluant le gouvernement syrien pour son opposition à la "politique et aux pratiques expansionnistes d'Israël ", Hassan Rohani a offert sa médiation à "ceux dans l'opposition qui luttent pour la démocratie et une bonne gouvernance".

Retrouver la confiance du peuple

hassan Rohani
hassan Rohani © idé / idé

En matière économique, Hassan Rohani devrait disposer d'une plus grande latitude. Les Iraniens l'espèrent dans un pays où letaux d'inflation dépasse 40% et où la valeur du rial a été divisée par deux ces 18 derniers mois, notamment sous l'effet induit des sanctions internationales qui visent de plus en plus le secteur iranien des hydrocarbures, vital pour le pays.

Mahmoud Ahmadinejad avait entamé des réformes en supprimant fin 2010 le système des produits subventionnés, un projet applaudi par le Fonds monétaire international (FMI), mais qui a conduit à une inflation galopante en raison de sa mise en œuvre maladroite. Du coup, le gouvernement a dû recourir à la planche à billets pour indemniser les ménages iraniens.

La marge de manoeuvre du nouveau président dépendra de la place que lui laissera le Guide suprême. En outre, et bien que temporairement sur la touche, les "durs" du régime ne sont pas complètement totalement évincés.

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