L'élection présidentielle aura lieu vendredi en Iran. Depuis 38 ans, la République islamique est dirigée par un guide suprême mais aussi par un Président élu tous les quatre ans.

Le premier vice-président Es-Hah Jahanguiri n'est plus candidat et appelle à voter pour Hassan Rohani, le président sortant.
Le premier vice-président Es-Hah Jahanguiri n'est plus candidat et appelle à voter pour Hassan Rohani, le président sortant. © AFP / ATTA KENARE

L’Iran, théocratie mise en place par l'Imam Khomeini il y a 38 ans, est aujourd'hui la plus grosse nation à majorité chiite du monde avec 80 millions d’habitants. Dirigé depuis 1979 par le guide suprême, le pays élit malgré tout tous les quatre ans un président.

Le 19 mai, le duel attendu devrait opposer Hassan Rohani l’actuel président, considéré en occident comme modéré, et un conservateur, Ebrahim Raissi. En collaboration avec le maire de Téhéran, cet homme, qui a siégé dans les instances judiciaires iraniennes pendant vingt ans, met l'accent sur le chômage qui sévit dans le pays. "Aujourd'hui, 30 % de nos jeunes sont sans emploi et le chômage dépasse les 12 %. Est-ce que cette situation doit continuer ? Doit-on tout attendre des étrangers pour régler nos problèmes ?" a-t-il demandé, critiquant les accords signés entre Rohani et les États-Unis sur le nucléaire, qui n'ont pas permis de lever toutes les sanctions économiques qui pèsent sur le pays.

Le dirigeant actuel est le favori avec 41,6 % d’intentions de vote. Mardi, le premier vice-président iranien Es-Hah Jahanguiri, un réformateur, s'est retiré de la course à la présidence et a appelé ses partisans à voter pour le président sortant. Rohani avait créé la surprise en 2013 en remportant la présidentielle. Il a menacé d'une politique d'ouverture avec l’occident, notamment avec les Etats-Unis, afin d'assouplir les sanctions économiques qui plombent l'économie du pays.

Risque de retour à "l’extrémisme et de l’autoritarisme"

Il fait campagne contre ses concurrents conservateurs en mettant en avant le risque pour le pays de retour de "l’extrémisme et de l’autoritarisme". Pour les Iraniens, les enjeux sont nationaux avec bien sur la question du chômage, du manque de logement et aussi la question des droits de femmes qui se sont faites entendre pendant cette campagne.

Le rôle du président iranien est certes moins central que celui du guide suprême mais malgré tout, c'est lui qui signe et gère les rapports avec les pays étrangers et qui doit aussi assurer le développement économique de son pays. Le retour des entreprises étrangères sur le sol iranien est assez lent car la situation politique internationale est assez floue.

L'attitude de Donald Trump

Il est notamment difficile d'anticiper l'attitude de Donald Trump à l'égard de l'Iran dans les semaines et les mois à venir. La population a donc du mal à soutenir véritablement la politique de Rohani qui doit faire face à une crise économique longue et profonde.

Par ailleurs, ce pays continue à emprisonner des hommes et des femmes pour leurs opinions politiques et à exécuter des opposants. Lors d'un déplacement à Ispahan, le président Rohani a été plusieurs fois interrrompu par la foule au cri de "Libérez les prisonniers politiques".

Pendant la campagne, les Iraniens ont par millions bravé l'interdit et participé à la campagne sur les réseaux sociaux, n'hésitant pas à critiquer le gouvernent ouvertement en place. Twitter, Facebook et Youtube sont interdits mais les Iraniens les utilisent en masse contournent cette interdiction grâce à des logiciels peu coûteux.

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