Hassan Rohani, le nouveau président iranien
Hassan Rohani, le nouveau président iranien © REUTERS/Raheb Homavandi

C'est le genre d'alliance qu'on n'aurait jamais osé imaginer il y a encore quelques mois. Mais la progression rapide des djihadistes de l'EIIL en Irak pourrait pousser les deux pays à travailler de concert. En tout cas, le président iranien y songe.

Il n'y pense sans doute pas en se rasant, mais le président iranien Hassan Rohani n'exclut pas une coopération avec Washington. Une idée qui paraît de moins en moins incongrue face à l'ampleur de la tâche en Irak pour faire reculer les rebelles de l'État islamique en Irak et au Levant.

Dans une conférence de presse à la télévision d'État, Hassan Rohani dit ainsi clairement qu'il "peut songer" à un travail commun avec son ennemi juré. À une condition : que "l'Amérique lutte contre les groupes terroristes en Irak et ailleurs". Il ajoute : "Nous devons tous combattre les groupes terroristes en paroles et en actes".

En parallèle, le président iranien accuse aussi des pays occidentaux d'aider financièrement les djihadistes, Siavosh Ghazi

En évoquant l'Irak, Rohani pense à la Syrie

Et c'est là toute la subtilité de cette proposition. Cet "ailleurs", dans l'esprit du président iranien, c'est notamment la Syrie, où les "groupes terroristes" sont les opposants au président Bachar al-Assad, soutenu par le régime de Téhéran. Or depuis le début du conflit syrien, les États-Unis ont pris le parti des rebelles face à Damas.

En Irak, Hassan Rohani a déjà assuré le pouvoir en place de son soutien face aux rebelles, qui ont pris successivement plusieurs sites stratégiques (dont Mossoul, deuxième ville du pays) et se rapproche dangereusement de la capitale.

Que se passe-t-il désormais à Mossoul ? Un chauffeur de taxi témoigne.

Benjamin Illy a contacté un pharmacien qui habite Sinjar, dans la même région

Les États-Unis, eux aussi, envisagent d'aider Bagdad. Mais pas immédiatement : Barack Obama a évoqué vendredi un nécessaire délai de réflexion et de préparation.Il n'y aura de toute façon aucune troupe américaine envoyée au sol dans le pays.

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Le secrétaire américain à la Défense a toutefois annoncé samedi l'envoi d'un porte-avions dans le Golfe, pour appuyer une éventuelle opération militaire des États-Unis.

L'Iran est un pays ami du régime irakien, avec qui il multiplie les contacts après des années d'affrontements. Avec les États-Unis, les relations sont toujours glaciales, notamment à cause de la question du nucléaire iranien. Reste à savoir s'il suffira d'un ennemi commun dans un autre pays pour relancer le dialogue entre les deux puissances.

L'offensive djihadiste en Irak
L'offensive djihadiste en Irak © IDÉ
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