Le guide suprême iranien accuse les "ennemis de la République islamique de s'unir pour porter atteinte au régime". Au cours des manifestations qui se poursuivent dans le pays, une dizaine de personnes ont été tuées et plusieurs centaines ont été arrêtées.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé mardi les "ennemis" de la République islamique de s'être unis pour porter atteinte au régime.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé mardi les "ennemis" de la République islamique de s'être unis pour porter atteinte au régime. © AFP / Handout

Depuis jeudi, les Iraniens manifestent un peu partout dans le pays. La télévision d'État iranienne a annoncé la mort de 21 personnes, dont 16 manifestants. C'est un mouvement sans précédent qui ne dépasse pas en intensité les manifestations de 2009, auxquelles la jeunesse iranienne avait largement participé. 

La journaliste de France 24, Mariam Pirzadeh, ancienne correspondante à Téhéran et auteur de "Quand l'Iran s'éveille", donne ses explications sur ce mouvement au micro de Yves Decaens : 

La situation économique et le manque de liberté sont les deux moteurs visibles des manifestants. Le pays a beaucoup souffert du blocus économique exercé par les États-Unis et les pays occidentaux jusqu'en janvier dernier, dont la fin tarde à produire ses effets. 

La carte des villes iraniennes les plus touchées par la révolte.
La carte des villes iraniennes les plus touchées par la révolte. © Radio France / visactu

Tout a commencé à Machhad dans le nord-est du pays, pour se propager ensuite dans de nombreuses régions, principalement sur la question du chômage et du coût de la vie.

De son côté, le président Rohani accuse une "petite minorité" d'être des "fauteurs de troubles". Les forces de sécurité sont déployées un peu partout dans le pays. 

Le président Rohani, réélu en mai a signé un accord avec les États-Unis sur le nucléaire iranien, qui a permis de sortir le pays de l'isolement. 

Dans ce pays où les jeunes représentent presque 60 % de la population, 900160% de la population a été scolarisée. Dans les universités iraniennes, on trouve par ailleurs 700160% de femmes. Ces jeunes femmes et hommes, qui sont aujourd'hui dans la rue, ne trouvent pas d'emplois.

Dans les petites villes et pour les classes défavorisées sur qui le régime se repose, la colère gronde aussi notamment parce que dans ces villes et villages s'impatientent de ne toujours pas bénéficier du développement économique iranien, qui profite pour le moment à une infime partie du pays.

À l'échelle internationale, alors que le président Trump a estimé que "le temps du changement" était venu, la Turquie s'est inquiétée : "le bon sens doit prévaloir pour empêcher toute escalade", a souligné le ministre turc des Affaires étrangères.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.