Depuis quelques semaines, on entend une nouvelle musique au Quai d'Orsay et dans les milieux officiels français. Les entreprises doivent se tenir prêtes à un éventuel retour sur le marché iranien. Les indices se multiplient. Le poste du conseiller économique à l'ambassade de France à Téhéran va très prochainement rouvrir. Le MEDEF organise le 20 novembre prochain un séminaire sur l'Iran.

"L'idée, c'est de se positionner si d'aventure les sanctions étaient levées", précise un diplomate. Paris comprend qu'il est temps de réapparaître sur les écrans de radar, au moment où les Américains et certains Européens, notamment les Allemands, posent activement les jalons de leur retour sur le marché iranien. Les Français redoutent de se faire doubler par leurs concurrents.

Le problème, c'est que l'exercice est compliqué côté français et ressemble à un numéro de grand écart. D'un côté, la France maintient une position très dure sur le dossier du nucléaire. Un cadre du Quai d'Orsay estime que "l'Iran n'a pas vraiment fait d'offre lors du dernier round de négociation avec le P 5+1 à Genève."

De l'autre, Paris envoie des signaux aux entreprises pour qu'elles reprennent langue avec les Iraniens. Notamment qu'elles fassent du business sur les secteurs hors sanctions. Certaines d'entre elles ont d'ailleurs sollicité des rendez-vous auprès de l'ambassade d'Iran à Paris.

Côté iranien, on n'est pas dupe du jeu français. Le souvenir du brusque départ de Peugeot d'Iran a été très mal ressenti et reste en travers de la gorge des Iraniens. Autant dire que le retour des entreprises françaises en Iran ne sera pas un chemin semé de pétales roses...mais plutôt d'épines!

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