Tous les regards sont évidemment braqués vers le drame syrien. Vu le niveau de violence, ce n'est guère étonnant. Et puis, il y a l'Iran qui continue de réprimer ses opposants, presque dans l'indifférence générale. Ce n'est plus le sujet du jour, car Téhéran semble vouloir reprendre les négociations sur son programme nucléaire avec le groupe P 5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne).

Le cas d'Ebrahim Yazdi est emblématique du harcèlement des opposants iraniens. Agé de 80 ans, atteint d'un cancer, cet ancien révolutionnaire de la première heure fut ministre des Affaires étrangères après le renversement du Shah. Il dirige aujourd'hui un parti de l'opposition libérale, le Mouvement de la Libération de l'Iran (MLI). Il a été condamné en décembre dernier à 8 ans de prison pour "atteinte à la sécurité de l'Etat" . S'il purge sa peine, cela "reviendrait à le condamner à mourrir en prison ", estime Human Rights Watch.

"Ebrahim Yazdi représente une opposition modérée qui renvoie dos à dos la violence du pouvoir iranien et celle de l'opposition des Moudjahidine du peuple" , explique Karim Lahidji, vice-président de la FIDH. Le régime s'acharne sur lui parce qu'il a soutenu le mouvement vert, mais surtout parce qu'il donne des interviews aux médias étrangers comme la BBC, ce qui exaspère les autorités iraniennes."

Pour ne pas oublier la répression en Iran, la FIDH soutient une campagne de mobilisation pour la libération d'étudiants iraniens qui croupissent dans les geôles du régime (http://www.fidh.org/La-FIDH-soutient-une-campagne). Au moins 29 d'entre eux sont encore en prison, dont Majid Tavakoli et Bahareh Hedayat, tous les deux symboles de la contestation estudiantine, rappelle la FIDH, qui ajoute que"des milliers d'autres ont subi des persécutions en tout genre, tels que des arrestations, des harcèlements judiciaires, etc".

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