L'ancien juge à la Cour suprême israélienne, Eliyahou Winograd, affirme dans The Independent (http://www.independent.co.uk) que si Israël frappait de façon unilatérale l'Iran, cet acte de guerre pourrait mettre "en péril le futur du pays." Chez les Israéliens, le débat fait rage et on se prépare à tous les scénarios.

Dans les milieux officiels israéliens, on se dit que chaque semaine qui passe rend une action de force contre l'Iran de plus en plus difficile et surtout, plus le temps s'égrène et plus Israël devra compter sur les Américains pour agir. L'Iran pourrait alors faire entrer son programme nucléaire dans une "zone d'impunité". Vu d'Israël, il serait alors trop tard.

Au Quai d'Orsay, évidemment, on suit la situation de près. Si Israël attaque l'Iran, quelle serait la réaction française ? "On y travaille" , reconnaît un diplomate. Allié d'Israël, la position de Paris serait délicate parce que l'Iran serait en situation de légitime défense selon le droit international. On se souvient qu'en 1981 lors du raid israélien sur la centrale d'Osirak en Irak que la France avait mollement condamné l'Etat hébreu et n'avait pas fait de vague, et ce, malgré la mort d'un coopérant français.

Après le dernier rapport de l'AIEA qui révèle le doublement des centrifugeuse dans la centrale de Fordow, la France et les autres pays de P5+1 veulent maintenir la pression maximale sur Téhéran: "nous voulons éviter les choix extrêmes et faire en sorte que la poursuite du programme nucléaire soit prohibitif pour les Iraniens," explique-t-on au Quai d'Orsay.

Côté iranien, on a déjà anticipé les frappes israéliennes : "nous riposterons" , nous assure un diplomate iranien qui ajoute "qu'en Iran, certains courants radicaux se réjouissent à l'avance d'une attaque d'Israël qui serait pour eux l'occasion tant attendue d'en découdre avec les Israéliens." Info ou intox ? Entre Téhéran et Tel Aviv, la guerre psychologique bat son plein. Qui dit vrai ? Espérons ne jamais le savoir...

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