Pour le patron de l'ONU, Ban Ki Moon, aller à Téhéran par les temps qui courent est un exercice périlleux. D'autant que la dernière sortie du guide Ali Khamenei - Israël qualifié de "tumeur cancéreuse sioniste au coeur du monde islamique" - a choqué. Ce n'est pas la première fois mais dans le contexte de grande tension au Moyen-Orient, c'est une nouvelle provocation qui plombe un peu plus l'atmosphère.

Dans ces conditions, Ban Ki Moon devait-il aller à Téhéran ? Les Etats-Unis et Israël sont fermement contre : cette visite ne peut que servir à briser l'isolement international sur l'Iran. Le journal Al-Hayat estime que "le sommet de Téhéran est une réponse au sommet de La Mecque" des pays islamiques, au cours duquel l'Iran s'était retrouvé bien seul à défendre la Syrie. L'Irak, l'Algérie et le Liban ont même voté l'exclusion de Damas de l'OCI. En privé, le Premier ministre libanais Najib Mikati a estimé que "le Liban ne pouvait soutenir Damas alors même que Bagdad et Alger votaient l'exclusion de la Syrie."

Pour l'Iran, la prochaine réunion des non-alignés tombe donc à point nommé. Outre la présence de Ban Ki Moon, il y aura aussi le nouveau président égyptien Mohamed Morsi ou encore le russe Vladimir Poutine. On parlera évidemment des relations irano-égyptiennes mais surtout de la crise syrienne. "La chute du régime syrien reste une ligne rouge" pour Téhéran, explique Al-Hayat. Les Occidentaux, et notamment Paris, refusent toujours d'associer les Iraniens au dossier syrien. "On ne veut pas noyer la question du nucléaire dans la crise syrienne" , nous expliquait récemment un cadre de la diplomatie française.

Et ce diplomate ajoutait : "ce que les Iraniens font dans le nucléaire n'aurait pas de sens s'ils n'étaient pas décidés à obtenir l'arme nucléaire. L'Iran est dangereux et nous avons des indications d'un durcissement à Téhéran." Autant dire que la visite de Ban Ki Moon en Iran risque de faire couler beaucoup d'encre!

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