Ancien ambassadeur de France à Téhéran entre 2001 et 2005, François Nicoullaud publie au CERI une note intéressante sur la leçon des sanctions imposées à l'Irak de Saddam Hussein et à l'Iran de Khamenei. Rien de comparable, explique-t-il, les deux situations géopolitiques étant très différentes. Sur l'efficacité d'une telle camisole de force, François Nicoullaud rappelle les propos du président Chirac en 1997 : " Je n'ai jamais vraiment observé que la politique des sanctions ait eu des effets positifs."

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D'ailleurs, le régime de Saddam Hussein n'est pas tombé à cause de l'emabrgo international imposé à l'Irak mais sous les coups de l'invasion anglo-américaine du printemps 2003. Les sanctions ont surtout eu pour effet de frapper de plein fouet la population. Saddam Hussein avait mis en place des filières de contournement ingénieuses et efficaces. Il aurait pu durer encore longtemps...

Alors quid de l'Iran ? François Nicoullaud est très sceptique quant à l'efficacité des sanctions sur ce pays de plus de 80 millions d'habitants, vaste trois fois comme la France et disposant d'une dizaine de frontières maritimes et terrestres."Les taux d'autosuffisance de l'économie iranienne, tant sur le plan agricole qu'industriel, sont clairement supérieurs, malgré de graves lacunes, à ceux de l'économie irakienne du temps de Saddam Hussein," précise François Nicoullaud.

Le diplomate poursuit :"on ne voit pas se profiler de crise interne qui pourrait déstabiliser la République islamique au point de l'obliger, pour assurer sa survie, à céder dans son bras de fer avec l'Occident." Question : à quoi servent les sanctions ? A entretenir l'impasse entre Téhéran et l'Occident, d'où cette piste de réflexion suggérée par François Nicoullaud, celle d'une"modification décisive des paramètres de la négociation pour sortir enfin de la crise."

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En clair : "la reconnaissance du droit à l'Iran à poursuivre ses activités d'enrichissement, en échange d'un encadrement et de contrôles suffisamment renforcés pour lui interdire, de fait, l'accès à la bombe." La balle est dans le camp de Barak Obama, seul capable de relancer ce dossier, selon François Nicoullaud.

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