Alors que le premier bilan du passage de l’ouragan Irma est dramatique dans plusieurs îles des Caraïbes, les météorologues tirent la sonnette d'alarme.

Un agent du comité des opérations d'urgence en République Dominicaine suit le passage de l'ouragan d'Irma à proximité de l'île
Un agent du comité des opérations d'urgence en République Dominicaine suit le passage de l'ouragan d'Irma à proximité de l'île © Reuters / Ricardo Rojas

Annoncés dès la formation de l’ouragan, lundi dernier, les effets dévastateurs d’Irma ne se sont pas fait attendre, conformes à ce qu’avaient annoncé les prévisionnistes : au moins quatre morts dans les îles françaises, selon un bilan encore provisoire dressé ce jeudi par le gouvernement, pour cet ouragan de catégorie 5 qui a détruit à près de 90% l’île de Barbuda, mais aussi les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Il qui prend désormais la direction de la Floride, où son passage est prévu samedi.

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Irma a frôlé mercredi soir le nord du territoire américain de Porto Rico, avec des vents soufflant à 295 km/h, provoquant des coupures de courant et des fortes précipitations, même si l'oeil du cyclone est resté au large de l'île. Les autorités portoricaines ont appelé les habitants à ne pas sortir de chez eux. Une habitante témoigne aussi de cette épisode inédit : "Nous sommes habitués, en vivant ici, à une saison des ouragans qui dure 6 mois. Mais c'est la première fois que nous allons faire l'expérience d'un ouragan de cette catégorie".

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David Dumas, météorologue à Kéraunos, l'Observatoire français des tornades et orages violents, explique sur France Info : "L'ouragan est toujours de catégorie 5, mais il pourrait faiblir d'ici dimanche et redevenir catégorie 4. Mais il est prévu en catégorie 4 voire 5 jusqu'à son impact final ".

La faute au réchauffement climatique ?

Avec ses pluies diluviennes, et surtout des rafales qui ont atteint près de 300km/h, tous les scientifiques s’accordent à le dire : il s’agit là du plus intense ouragan jamais enregistré dans l’Océan Atlantique depuis qu’on étudie ces phénomènes.

Pour certains météorologues, le lien avec le réchauffement climatique est évident. Sur France Inter, Bernard Legras, directeur de recherche météo au CNRS, est formel :

Les ouragans tirent leur énergie de l’océan. Si sa température augmente, on risque d’avoir des cyclones plus intenses

David Dumas confirme le phénomène : "Cette violence est due à l'environnement dans lequel [Irma] évolue, qui est complètement favorable. Les eaux de l'Atlantique dans ce niveau-là sont très supérieures à la normale d'environ 2°C, et, plus il va remonter vers les Bahamas, plus les eaux vont se réchauffer jusqu'à 31°C" .

Et le phénomène ne s’arrêtera pas à la fin de la semaine : deux autres ouragans se sont formés mercredi dans l'Atlantique, Katia dans le golfe du Mexique et José à environ 1.600 km à l'est des Petites Antilles.

Ces phénomènes n'ont rien d'exceptionnel, pour David Dumas : "Nous sommes au pic de la saison cyclonique dans le bassin atlantique. On en a trois simultanément et il faut remonter à 2010 pour retrouver trois ouragans simultanément. On renoue avec des saisons plus actives, alors que cela faisait quelques années que le bassin atlantique était plutôt calme". Selon lui, Irma devrait toucher, dans les prochaines 24h, "le sud des Bahamas, les îles Turks et Caicos et les îles vulnérables de Crooked Island et de Long Island ".

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