Isabelle Prime a retrouvé sa famille au pieds de la passerelle lors de son arrivée à Villacoublay
Isabelle Prime a retrouvé sa famille au pieds de la passerelle lors de son arrivée à Villacoublay © Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Elle avait été enlevée il y a presque six mois. La jeune femme est arrivée peu après 19h00 vendredi soir, sur la base aérienne de Villacoublay, accueillie par François Hollande, Laurent Fabius et toute sa famille

Souriante et émue, Isabelle Prime, la dernière otage française, qui était retenue depuis le 24 février au Yémen, a retrouvé sa famille vendredi soir sur la base militaire de Villacoublay, près de Paris, en présence du président de la République et du ministre des Affaires étrangères.

François Hollande a remercié les services français et la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères pour leur travail pour la libération des otages et surtout la famille d'Isabelle Prime "admirable de patience".

"La France fait en sorte de ne jamais oublier l'un de ses ressortissants", ce qu'a également soulignée Isabelle Prime. La jeune femme, qui ne l'avait pas souhaité de premier abord, s'est finalment exprimée. L'ex otage, qui a déclaré être dans un état de très grande fatigue, a remercié son pays :

La France est toujours là quand il y a d'énormes problèmes comme celui-ci.

Originaire d'Angers, dans l’ouest de la France, Isabelle Prime, 30 ans, était arrivée au Yémen en 2013. Elle travaillait pour la société Ayala Consulting, basée en Floride, et spécialisée dans la conception de programmes de protection sociale. On a suivi "les conseils de l'ambassade française" a-t-elle expliqué, "on était sur le point de partir, ça s'est joué à deux semaines malheureusement".

Selon Laurent Fabius, il était urgent de reussir à faire libérer la jeune femme, car elle était en danger :

Nous avons des éléments (...) qui montrent que la mort n'est pas passée loin. Si nous n'étions pas arrivés à la sortir, elle serait morte.

Enlevée le 24 février avec son interprète dans la capitale yéménite

La jeune femme avait été enlevée le 24 février dernier sur le chemin du travail, à Sanaa, par des hommes déguisées en policiers. Son interprète, Chérine Makkaoui, avait également été kidnappée, mais libérée trois semaines plus tard à Aden (ville portuaire du sud du Yémen).

L'identité des ravisseurs d'Isabelle Prime n’a jamais été dévoilée. Les prises d’otages sont fréquentes au Yémen, il y en a eu des centaines ces quinze dernières années. Les personnes enlevées étaient presque toutes relâchées saines et sauves contre une rançon.

Début juin, une vidéo de 21 secondes d’Isabelle Prime avait été mise en ligne sur YouTube. On la voyait assise à même le sol et vêtue de noir demander aux présidents français et yéménite d'agir en vue de sa libération.

La France remercié le Sultanat d'Oman

Le ministre des Affaires étrangères a assuré - comme à chaque fois - que la France n'a pas versé d'argent en échange de la libération :

En ce qui concerne l'Etat français, le principe est que nous ne payons pas de rançon. Pour le reste, évidemment ce sont des négociations très compliquées (...) sur lesquelles notre règle d'or (...) est de rester extrêmement discret.

Mais le ministre des Affaires Etrangères, a adressé ses "remerciements très vifs au sultanat d'Oman", qui a joué un rôle dans cette libération. "Les Omanais nous ont énormément aidé", a-t-il précisé. François Hollande a également exprimé "toute sa gratitude à tous ceux" qui ont contribué à sa libération, citant notamment le sultan Qabous Ibn Saïd d'Oman.

Le rôle d'Oman, une monarchie du Golfe discrète et de son sultan, Qabous Ibn Saïd, devenu un médiateur apprécié dans les dossiers sensibles de la région, expliquée par Christian Chesnot

Il n'y a en principe plus d'otages français

Avant Isabelle Prime, la dernière libération d'un otage français était celle de Serge Lazarevic en décembre 2014, après trois ans de détention auprès du groupe Aqmi au Mali. Il n'y a donc officiellement plus de Français otage dans le monde.

Eti la République n'oublie jamais les siens, François Hollande a demandé vendredi aux ressortissants, habitant dans des zones à risque, de faire preuve de prudence.

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