En trois ans, le nombre de touristes est passé de 500 000 à 1,7 millions.

Aurore boréale au-dessus des cendres du volcan Eyjafjallajökull en éruption, en avril 2010.
Aurore boréale au-dessus des cendres du volcan Eyjafjallajökull en éruption, en avril 2010. © Reuters / Lucas Jackson

C'est en ce moment que les touristes sont les plus nombreux : de juin à septembre, la meilleure période pour visiter l'Islande. Sébastien habite Grenoble, il a profité de ses vacances pour aller faire le tour de l'île des vikings : "Même s'il y a beaucoup de touristes, le territoire est immense, donc ils sont disséminés. Il n'y a de foule, pas besoin de faire la queue... C'est un tourisme orienté vers la nature, les paysages... Les gens veulent voir de grands espaces verts, ou au contraire désertiques et noirs, des glaciers ou bien encore la région volcanique en activité, où la terre est rouge..."

Le lagon bleu, station thermale située dans le sud-ouest de l'Islande.
Le lagon bleu, station thermale située dans le sud-ouest de l'Islande. © Maxppp / Claire Nijnikoff
Les chutes de Godafoss.
Les chutes de Godafoss. © Maxppp / Sandro Di Carlo Darsa/AltoPress
La mer de glace de Jökulsárlón
La mer de glace de Jökulsárlón © Maxppp / SIMON DAVAL

L'afflux de touristes a commencé en 2010, lors de l'éruption du volcan Eyjafjallajökull. Le monde avait alors (re)découvert la beauté lunaire des paysages d'Islande. Depuis, le nombre de visiteur n'a fait que croître. Il y a trois ans, il étaient 500 000. Cette année, l'office de tourisme de Reykjavík attend 1,7 millions de touristes. C’est plus de cinq fois la population de l’île, qui recense 330 000 habitants. Depuis janvier, l'Islande a accueilli 1 million de visiteurs, une hausse de 34 % par rapport à l'an dernier. Le tourisme est d'ailleurs devenu une industrie plus rentable que la pêche et la production d'aluminium : en 2015, il a rapporté 208,4 milliards de couronnes (1,6 milliard d’euros) au pays. Un marché représente qui désormais 23 % du produit intérieur brut (PIB) et plus du tiers de l’apport de devises étrangères.

L'éruption du volcan Eyjafjallajokull, en 2010.
L'éruption du volcan Eyjafjallajokull, en 2010. © Maxppp / John Beatty & Jon Magnusson (ZUMA PRESS)

Attentats et Euro de football

En plus de ses superbes paysages, l'Islande a pour elle deux atouts selon Ashildur Bragadottir, la directrice de l'organisme Visit Reykjavik : "Avec les attentats en Europe et aux Etats-Unis, les touristes se sentent sans doute plus en sécurité en Islande, estime-t-elle. Et puis cette année, avec l'équipe de football d'Islande qui a participé à l'Euro, et notamment le clapping, les gens ont pu voir à quel point les Islandais sont optimistes, respectueux, sympathiques".

Les craintes des écologistes

Mais cet afflux touristique n'est pas sans conséquence : les sites naturels, comme les geysers et les champs de lave, ne sont pas encore équipés des infrastructures nécessaires, prévient Anna Dora Saeporsdottir, responsable du département des sciences environnementales de l'université d'Islande, interrogée par nos confrères d'RFI : "80 % des touristes viennent ici pour profiter de la nature. Cela crée une pression énorme sur nos sites naturels. Les visiteurs piétinent la végétation, des formations géologiques ou encore des sols qui sont très fragiles. D'ailleurs, nous constatons déjà des effets très visibles sur notre environnement. Bien sûr, cela nous inquiète."

Pour l'universitaire, le gouvernement islandais doit légiférer rapidement, en limitant le nombre de touristes ou l'accès à certains sites, afin de protéger la richesse du pays, ce que Reykjavik commence timidement à faire : depuis le 1er juillet 2016,  les touristes qui veulent camper doivent aller dans des zones réservées, alors qu'auparavant le camping sauvage était autorisé.