Moins de deux mois après les législatives, les députés de la Knesset ont voté sa dissolution, avec un nouveau scrutin mi-septembre. Un coup dur pour le Premier ministre israélien, qui a échoué à former une coalition et préfère renvoyer les Israéliens aux urnes plutôt que de laisser un autre élu tenter sa chance.

Benyamin Netanyahou à la Knesset le 29 mai 2019
Benyamin Netanyahou à la Knesset le 29 mai 2019 © AFP / ILIA YEFIMOVICH / DPA / dpa Picture-Alliance

Quand il entre dans la salle plénière de la Knesset, Benyamin Netanyahou ne cache ni sa nervosité ni sa contrariété : il vient de perdre les élections qu’il avait triomphalement remportées presque deux mois plus tôt. Il a échoué à constituer, comme il l’avait promis alors, une majorité stable de droite. Une défaite personnelle, même si elle ressemble, au moment de l'annonce de la dissolution, à un naufrage collectif.

Les discutions de dernières minutes n’ont pas changé la trajectoire. Avigdor Liberman est resté sur ses positions, opposé a la prédominance, dit-il, du religieux dans la coalition. "Nous sommes les partenaires naturels de la droite, mais nous ne serons pas les partenaires d'un gouvernement soumis à la loi juive", lance le chef du parti nationaliste Israel Beytenou.

Dans cette affaire, le Premier ministre a perdu son flair politique légendaire : la majorité lui a glissé des mains, et il s’estime trahi par son ancien ministre. "C'est tout simplement incroyable", s'emporte Benyamin Netanyahou. "Avigdor Liberman fait maintenant partie de la gauche ! On lui donne des voix de droite, mais lui ne donne pas sa voix pour un gouvernement de droite... Il fait tomber un gouvernement de droite."

Les poursuites judiciaires se rapprochent dangereusement

Benyamin Netanyahou est fragilisé par cet échec. Il n’a pas vu arriver la menace, n’a pas réussi a trouver une porte de sortie. Et il ne semble plus en mesure de faire voter à temps son parapluie légal pour se protéger des poursuites judiciaires qui vont le rattraper d’ici l’automne.

Même s’il pourrait rester le favori de sa base électorale, il entraîne tous les Israéliens dans son besoin de garder le pouvoir. La dissolution de la Knesset n’était pas le seul chemin légal : elle va coûter très cher et paralyser à nouveau la vie politique pour quatre mois... On est loin de la stratégie mise sur pied par le Premier ministre en décembre dernier, quand il avait décidé, à l'inverse, de provoquer des élections anticipées justement pour échapper aux poursuites judiciaires.

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