Aujourd'hui, les adhérents du Likoud, le parti de droite au pouvoir en Israël, participent à une primaire pour désigner leur chef de file pour les législatives du 2 mars. Face au Premier ministre Benyamin Netanyahou se dresse Gideon Saar, qui a été son ministre de l'Education et de l'Intérieur. Portrait.

Gideon Saar, 53 ans, vient menacer le long règne de « Bibi » Netanyahou au sein du Likoud.
Gideon Saar, 53 ans, vient menacer le long règne de « Bibi » Netanyahou au sein du Likoud. © AFP / Jack Guez

Sa femme est une journaliste de la télévision publique respectée pour son indépendance. Sa fille vit avec un acteur arabe et ne veut pas être mêlée aux projets de son père. Lui même a déposé une loi pour emprisonner les employeurs qui licencient des femmes enceintes et une autre pour interdire les tests cosmétiques sur les animaux...

Mais qu’on ne s’y trompe pas, Gideon Saar n'a rien d'un modéré au sein du Likoud, le parti de droite au pouvoir en Israël. Il est réputé plus libéral que Netanyahou sur les questions de société et moins attaché à l'alliance avec les religieux mais il représente l'aile dure du mouvement sur la question palestinienne.

Il est contre la solution à deux États et accuse le Premier ministre Benyamin Netanyahou d'avoir été trop mou : d’une part en négociant avec le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat dans les années 1990 et, d’autre part, en n'annexant pas la Cisjordanie.

Difficile relève

Gideon Saar, 53 ans, appartient à cette génération jusqu'ici sacrifiée par le long règne de "Bibi" Netanyahou. Petit enfant, il a connu le fondateur socialiste d'Israël David Ben Gourion qui était un patient de son père médecin. Ancien journaliste, il a été député puis ministre de l'Éducation et de l'Intérieur. Il n'attaque pas le Premier ministre sur ses démêlées judiciaires mais sur son incapacité à gagner les deux dernières élections.

S'il remporte les élections, il dit qu'il soutiendra Netanyahou... dans une éventuelle ascension à la présidence. Un cadeau empoisonné car en Israël, le chef de l'État n'a aucun pouvoir. Netanyahou l'accuse de faire le jeu de la gauche et des médias. Ce que ses supporters répètent à l’envi, perturbant régulièrement les meetings de Saar qualifié de "traître"...

Pour se moquer de lui, certains Israéliens surnomment Netanyahou "César", car il possède une maison à Césarée au bord de la mer... Gideon Saar sera-t-il son Brutus ? Né Gideon Zarechansky, il a changé son nom en Saar à l'âge adulte, ce veut dire "tempête" en hébreu. Justement, une tempête souffle ce jeudi sur Israël au point que les bureaux de vote fermeront à 23h00, plus tard que prévu. On saura vendredi au petit matin si Netanyahou est emporté par une tempête politique.

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