On a l’habitude de présenter Israël comme la nouvelle "start-up nation". Pourtant, dans ce pays de 9 millions d’habitants, 1,8 million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, 1 habitant sur 5. Un phénomène social inquiétant, pourtant presque absent de la campagne des élections législatives qui ont lieu ce mardi.

Avec près de 1 Israélien sur 5 sous le seuil de pauvreté, Tel Aviv a aussi ses "Restos du cœur". Ici, le centre La Sova de la capitale.
Avec près de 1 Israélien sur 5 sous le seuil de pauvreté, Tel Aviv a aussi ses "Restos du cœur". Ici, le centre La Sova de la capitale. © Radio France / Valérie Crova

10h30. Les portes du centre La Sova – "le rassasié" en hébreu – viennent d’ouvrir. Une cinquantaine de personnes se pressent pour manger leur seul repas complet de la journée. Il y a quelques immigrés, et beaucoup de personnes en situation précaire. Des femmes et des hommes de tous âges, comme cette vieille dame :

"Pourquoi je viens ici ? J'ai 73 ans et je ne peux pas travailler en Israël, selon les lois du pays. Mon revenu provient de la sécurité sociale. Ce n'est pas beaucoup : 3 018 shekels par mois."

3 018 shekels, soit environ 750 euros… Sans l’aide de son fils, elle ne pourrait tout simplement pas subvenir à ses besoins. Car le coût de la vie est très élevé en Israël, en particulier lorsqu’il s’agit de se loger dans les grandes villes.

Le coût de la vie a explosé

Caissière dans un supermarché, cette autre femme a dû quitter l’appartement qu’elle louait à Tel Aviv.

"Tous les ans, les propriétaires me demandent plus d'argent. Et c'est un problème, car les salaires n'augmentent pas. Les loyers sont trop élevés. On ne peut pas payer."

Cet ancien chauffeur de taxi de 60 ans, lui, n’ira pas aux urnes aujourd’hui. "Je ne vote pour aucun parti parce que je n'ai rien reçu de ce pays. Et parce que je dors dans une voiture depuis six mois. Ils ne me trouvent pas de travail. Je vis avec 2 000 shekels [500  euros] par mois. Qu'est-ce qu'on fait avec 2 000 shekels par mois ? On va à la mer..."

Ce centre La Sauva, à Tel Aviv, servait au début 30 repas par jour. Aujourd'hui, ils sont 2 000 à s'y presser quotidiennement.
Ce centre La Sauva, à Tel Aviv, servait au début 30 repas par jour. Aujourd'hui, ils sont 2 000 à s'y presser quotidiennement. © Radio France / Valérie Crova

En sortant du centre, nous croisons un monsieur venu apporter un sac d’habits. Avant, il  était restaurateur et avait l’habitude de cuisiner pour les plus démunis.

Laissez-moi vous dire que nous sommes un pays riche qui vit avec des gens pauvres. C'est pourquoi j'espère que ça va changer en votant pour un gouvernement qui aura davantage de compassion pour les pauvres. 

"Israël abandonne ces gens, regrette un volontaire du centre La Sova, et aucun dirigeant ne vient ici pour voir combien la situation est grave." 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.