70 ans après la création de l'État d'Israël, l’influence de la religion sur le politique et la société est une source permanente de tensions.

Des juifs ultra-orthodoxes manifestent contre le service militaire près de Tel Aviv en mars 2018. Leur communauté représente 10 % de la population d'Israël.
Des juifs ultra-orthodoxes manifestent contre le service militaire près de Tel Aviv en mars 2018. Leur communauté représente 10 % de la population d'Israël. © AFP / Ahmad Gharabli

Dans l’Etat d'Israël, qui fête cette année ses 70 ans, la religion a une place importante. Le mariage civil, par exemple, n’existe pas. Mais l’équilibre n’a pas été trouvé entre religieux et laïcs, et les conflits sont réguliers entre ultra-orthodoxes – ils représentent 10 % de la population – et le reste de la société. L’armée, le shabbat, les droits des femmes sont au cœur des sujets de crispation.

Car c'est bien le pouvoir politique des ultra-orthodoxes, intégrés à la coalition qui gouverne, qui provoque de fortes tensions. Comme à Beit Shemesh, ville en pleine expansion qui se situe à trente minutes de Jérusalem. Les "hommes en noir", comme les Israéliens appellent les ultra-orthodoxes, sont accusés de vouloir imposer leurs règles et, face à eux, il n’existe plus de contre-pouvoir.

Un prosélytisme crispant

Dans sa petite maison, Nibi Philippe est la bête noire des ultras. Elle se bat depuis plus de deux ans contre la discrimination des femmes dans les espaces publics. "C'est une honte pour la loi d'ici", déplore t-elle. 

Beit Shemesh est maintenant majoritairement habitée par les ultra-orthodoxes. Ils imposent leur codes aux autres, dénonce Nibi. Phillippe, qui a gagné devant la justice mais qui a toujours du mal à faire appliquer la décision, explique : 

Si vous allez dans ces quartiers, c'est couvert de graffitis qui disent que les femmes doivent s'habiller modestement.

Une communauté prospère

Le maire de Beit Shemesh a été élu par les ultras. Des militants qui ont un appétit aujourd’hui pour le pouvoir, explique Eli Cohen, candidat malheureux aux dernières municipales : "Il y a encore quelques années, ils vivaient dans leurs quartiers, dans leur petite ville. Maintenant c'est fini. Ils veulent non seulement pouvoir organiser leurs vies mais ils veulent aussi forcer les autres à vivre à leur façon."

Au  plan national, récemment, l’une des deux formations religieuses a menacé de faire tomber la coalition pour obtenir des droits sur le service militaire.

D’ici une cinquantaine d’années, au rythme actuel de leur croissance démographique, les ultras-orthodoxes pourraient représenter un tiers de la population. En effet, le taux de fécondité est de 6,9 enfants par femme dans cette communauté, contre 3,1 dans le reste de la population israélienne.

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