Drapeaux en berne en Italie où on enterre une partie des victimes du séisme qui a fait 291 morts selon un bilan provisoire

35 cercueils alignés dans un gymnase d'Ascoli Piceno
35 cercueils alignés dans un gymnase d'Ascoli Piceno © Reuters / Adamo di Loreto

L'Italie a rendu samedi un hommage solennel aux 291 victimes du séisme qui a rasé plusieurs villages dans le centre de la péninsule.

Le président de la République, Sergio Mattarella, le chef du gouvernement, Matteo Renzi et des centaines d'habitants et de secouristes ont participé à une messe de funérailles pour 35 victimes d'Arquata et Pescara del Tronto. Les cercueils recouverts d'une gerbe de fleurs blanches, étaient alignés en face de l'autel improvisé dans un gymnase d'Ascoli Piceno. Autour étaient réunis proches, parfois eux-mêmes blessés, et officiels.

"N'ayez pas peur de crier votre souffrance, mais ne perdez pas courage", a lancé pendant le sermon l'évêque d'Ascoli, Mgr Giovanni D'Ercole.

Visiblement ému, Matteo Renzi, accompagné de sa femme, en larmes durant la cérémonie, ne s'est pas exprimé mais a pris le temps, comme les autres responsables politiques, de saluer les proches des victimes et les élus locaux à la fin de la cérémonie.

Parmi les cercueils, celui tout blanc de Giulia, neuf ans, dont le corps a protégé celui de sa sœur Giorgia, cinq ans, l'une des dernières personnes sorties vivantes des décombres. "Désolé si nous sommes arrivés trop tard (...) mais je veux que tu saches de là-haut que nous avons fait notre possible pour te sortir de là", a écrit un secouriste sur un papier scotché au petit cercueil blanc.

Autre image émouvante celle de ce chien, autorisé à s'allonger à coté du cercueil de son maître.

Mathilde Imberty a assisté à la cérémonie

Une autre cérémonie, sans les corps, est prévue la semaine prochaine pour les victimes d'Accumoli et surtout d'Amatrice, une localité de 2.500 habitants qui pleure au moins 230 morts, sur l'autre versant de la montagne.

Les recherches continuent 

A Amatrice, malgré les nombreuses répliques enregistrées (plus de 1.300 depuis mercredi), les secouristes ont continué à extraire des décombres de nouveaux corps dans la nuit et samedi matin. Une secousse plus violente des autres, d'une magnitude de 4 samedi à l'aube, a fait s'affaisser le sol d'une vingtaine de centimètres sur 10 km de long. Et à chaque réplique, un nouveau mur s'écroule et les petites routes deviennent de moins en moins praticables, au risque de laisser des villages et des hameaux complètement isolés.

Aux morts et aux blessés s'ajoutent les sans domicile. La protection civile a recensé près de 2.500 personnes désormais privées de toit, qui ont passé la nuit de vendredi à samedi dans l'un des 42 camps de tentes aménagées.

Les dons affluent 

Depuis le séisme, des initiatives émergent partout dans la péninsule pour venir en aide aux sinistrés. Les centres de collecte débordent et la protection civile a annoncé avoir reçu plus de 6 millions d'euros de dons. Les Italiens sont notamment invités à envoyer un don de deux euros via un SMS adressé à la protection civile.

L'Etat italien a débloqué une enveloppe de 50 millions d'euros, mais la reconstruction se chiffrera en milliards d'euros. Matteo Renzi a promis de reconstruire les localités détruites mais le maire d'Amatrice a enjoint le gouvernement de tirer les leçons des échecs enregistrés après les précédents séismes, celui de L'Aquila en 2009, notamment.

Comment un tel bilan est-il possible en 2016 ?

Le pays s'interroge sur les raisons du lourd bilan humain dans une zone clairement identifiée comme à risque. La plupart des bâtiments ne bénéficiaient pas de protection parasismique et parmi ceux qui en avaient, certains n'ont pas résisté au séisme, à l'image d'une école d'Amatrice rénovée en 2012. La justice a déjà commencé son enquête et s'intéresse notamment à l'effondrement d'un clocher qui a provoqué la mort de quatre personnes à Accumoli. "Ce qui s'est passé ne peut seulement être mis sur le compte de la fatalité", a déclaré le procureur Giuseppe Saieva qui dirige l'enquête. "Si ces bâtiments avaient été construits comme on le fait au Japon, ils ne se seraient pas effondrés", a-t-il déclaré au quotidien La Repubblica.

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