Le 25 avril est la date de la Libération de l’Italie et de la fin du fascisme.73 ans après pourtant, des nostalgiques du régime viennent toujours se recueillir sur la tombe du Duce à Predappio. Mussolini héros d'un film et inspirateur de mouvements néofascistes qui ont multiplié les rassemblements avant les élections.

La crypte où est enterré Benito Mussolini à Predappio et qui est actuellement en travaux
La crypte où est enterré Benito Mussolini à Predappio et qui est actuellement en travaux © AFP / CROWDSPARK / Piero Cruciatti

L'Italie a-t-elle du mal à tourner la page de son passé ou au contraire les jeunes ont-ils tout oublié jusqu'à ne retenir que la "virilité" du personnage du Duce ?

Pèlerinage dans le village natal de Mussolini 

La nostalgie Mussolini est bien vivante à Predappio, le lieu de naissance du Duce, et là où sa dépouille a finalement été enterrée et où la crypte ornée de son buste reçoit la visite de 50 000 personnes par an, notamment le jour anniversaire de la naissance de Benito Mussolini, de sa prise de pouvoir et sa mort. Les foules qui se pressent semblent toutes n'avoir qu'une demande, si l'on en croit le livre d'or : "Reviens !". 

Et quand on a rendu hommage au père du "fascisme", on n'oublie surtout pas d'acheter un souvenir, une relique en quelque sorte, de ce passé qui n'a vraiment rien de glorieux mais que certains regrettent parlant "d'âge d’or italien". Les boutiques de Predappio se sont spécialisées dans la vente de chemises noires (l'uniforme fasciste), bustes du Duce, fanions, sans oublier les tee-shirts et même les bavoir portant une des phrases célèbre de Mussolini. En principe la loi interdit tout ça, mais depuis toujours ce "détail" ne semble préoccuper ni les vendeurs ni les acheteurs.

Pour mettre fin à ces pèlerinages nostalgiques, le Maire de Predappio veut créer dans sa ville un Musée du Fascisme qui rappellerait ce que fut vraiment cette époque. Il serait le premier du genre en Italie. 

Le reportage à Predappio de Mathilde Imberty

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Chasser les nostalgiques du fascisme de Predappio - un reportage de Mathilde Imberty

Par Mathilde Imberty

La proposition de loi punissant la propagande fasciste, proposée cet été, a fait un flop. Destinée à compléter les textes en vigueur et proposée par le parti démocrate, elle prévoyait de punir "quiconque ferait la propagande des images ou de contenus propres au parti fasciste ou au parti nazi allemand", comme le salut fasciste, pratiqué régulièrement par les ultra de la Lazio. Ou encore la "production, la distribution ou la vente de symboles représentant des personnes ou des symboles", du fascisme ou du nazisme. Les vendeurs de "souvenirs" de Predappio, par exemple, auraient risqué une peine allant de six mois à deux ans de prison.
Mais le texte a fait l'unanimité ou presque contre lui, du Mouvement 5 étoiles à la Ligue du Nord et même Forza Italia. 

Et si Mussolini revenait ?

C'est le pitch du film "Sono Tornato" (Je suis revenu) sorti le 1er février. Le film évoque le retour d'un Mussolini rendu presque attachant par le scénario, qui parcourt et séduit une Italie déboussolée. Le film mélange fiction et documentaire montrant les rencontres entre des passants et le personnage principal, habille comme le Duce, accueilli avec des sourires et des saluts fascistes. 

Le climat politique italien entre populisme et extrémisme

Les élections législatives de mars dernier n'ont pas montré le meilleur visage de l'Italie. Le scrutin a vu l'affrontement principal de deux partis populistes, eurosceptiques qui ont surfé sur les craintes liées à l’immigration, dans un pays qui a accueilli 690 000 migrants depuis 2013. Une campagne qui a mis en lumière la montée des idées extrémistes. Les mouvements néofascistes comme Fratelli d'Italia, CasaPound ou Forza Nuova dont les militants se présentent comme "les fascistes du IIIe millénaire", ont multiplié les rassemblements publics, ce qui a provoqué des tensions dans plusieurs villes avec la police et les militants d’extrême gauche. En particulier après les coups de feu d’un militant d’extrême droite contre des Africains à Macerata, en représailles au meurtre d'une jeune femme attribué à un sans papiers nigérian.

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