Les opposants aux mariage gay avaient déjà manifesté à Rome en juin dernier
Les opposants aux mariage gay avaient déjà manifesté à Rome en juin dernier © UPDATE IMAGES PRESS / MaxPPP / Riccardo De Luca

Le sujet divise profondément la classe politique comme la société italienne. Depuis jeudi, le Sénat italien examine une proposition de loi créant une union civile pour les couples de même sexe.Des dizaines de milliers de partisans du texte ont manifesté le 23 janvier dans toute la péninsule. Ce samedi, c'est au tour de ses opposants de se rassembler à Rome.

Alors que l'Italie est le dernier grand pays d'Europe occidentale à ne reconnaître aucun statut aux couples homosexuels, la proposition de loi dite Cirinna, du nom de la sénatrice qui la porte depuis des années, est arrivée jeudi matin à l'ordre du jour du Sénat. Après l'examen de huit questions de conformité à la Constitution, qui seront tranchées par un vote prévu mardi, la séance s'est conclue à la mi-journée, alors qu'à l'extérieur du palazzo Madama, manifestation en faveur du texte et "flash-mob" des anti-unions gays s'évitaient soigneusement. Deux semaines de débats suivront puis un vote général est envisagé pour la mi-février, avant que le texte ne soit envoyé à la Chambre des députés.

►►►Le reportage de Mathilde Imberty

Polémique autour du volet sur l'adoption

En l'état actuel, le texte, issu d'une médiation parlementaire, prévoit d'instaurer une union enregistrée par un officier d'état-civil entre personnes du même sexe qui s'engagent à une vie commune dans la fidélité et à une assistance morale et matérielle réciproque. Le pape François lui-même s'est invité indirectement dans le débat en rappelant sans équivoque le 22 janvier que l'Eglise rejetait toute autre forme d'union que le mariage catholique.

Mais au sein même de la majorité de centre-gauche de Matteo Renzi, ce sont les mesures supplémentaires qui posent problème: la possibilité de bénéficier d'une pension de réversion et surtout d'adopter les enfants naturels de son conjoint. Les alliés de centre-droit du chef du gouvernement, son ministre de l'Intérieur Angelino Alfano en tête, rejettent catégoriquement l'adoption de l'enfant du conjoint, de même que la frange catholique du Parti démocrate, menaçant de réclamer un référendum abrogatif si la loi passe en l'état.

Pour l'instant, les sondages, assez fluctuants, montrent une opinion publique partagée sur la question des unions civiles, mais fortement opposée aux adoptions. Dans le même temps, les partis de la gauche non-gouvernementale et le Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo menacent de faire capoter le texte si l'adoption de l'enfant du conjoint disparaît.

L'Italie plusieurs fois condamnée par la CEDH

La Cour européenne des droits de l'Homme a plusieurs fois condamné le retard de l'Italie, et des juges italiens ont déjà autorisé l'adoption d'enfants par la compagne de leur mère. Mais Matteo Renzi, un catholique pratiquant qui s'était lui-même opposé au projet de 2007, a choisi de laisser la "liberté de conscience " à ses troupes sur l'adoption, sur laquelle le vote devrait être secret.

En 2007, la forte mobilisation d'un autre "Family Day " avait poussé le gouvernement de Romano Prodi (centre-gauche) à renoncer à un projet d'union civile bien moins ambitieuse, qui avait au final été l'une des raisons de sa chute début 2008.

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