Trois semaines après des informations de presse évoquant son désir d'abdiquer, l'empereur Akihito s'est adressé à la nation ce lundi par le biais d'un message vidéo

L'empereur Akihito prononcera lundi un discours devant la nation japonaise
L'empereur Akihito prononcera lundi un discours devant la nation japonaise © Reuters / Thomas Peter

L'empereur du Japon, 82 ans, confronté ces dernières années à des problèmes de santé, a prononcé lundi un discours devant la nation japonaise retransmis à la télévision où il s'est dit préoccupé par sa capacité à continuer de s'acquitter de ses obligations, compte tenu de son âge et de la nécessité d'être pleinement investi dans sa mission.

Je m'inquiète de la difficulté à remplir mes fonctions en tant que symbole de l'Etat

Akihito, qui a accédé au trône en 1989 après le décès de son père Hirohito, a subi une opération du cœur et a été soigné pour un cancer de la prostate. Il a récemment réduit ses apparitions officielles, laissant sa place à son fils Naruhito, âgé de 56 ans, qui doit lui succéder. Akihito avait confié l'a dernier "Je commence à sentir mon âge et il m'est arrivé de commettre des erreurs lors de cérémonies".

Sans prononcer une seule fois le mot "abdication", l'empereur, qui représente au Japon le symbole de la nation et de l'unité du peuple, a suggéré attendre des modifications des lois qui l'obligent à rester empereur jusqu'à la fin de sa vie.

En vertu de l'actuelle loi sur la maison impériale, qui régit le statut juridique de l'empereur, il n'est pas prévu de mécanisme légal d'abdication. Une révision de ce texte serait donc nécessaire pour satisfaire sa volonté, ce qui expliquerait le délai de quelques années invoqué par la presse.

A Tokyo, les explications de Frédéric Charles

Quelques instants après un message télévisé solennel lu par Akihito, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a déclaré prendre "avec sérieux les mots de l'Empereur" et avoir l'intention d'y répondre.

La famille impériale jouit d'un profond respect de la part de la majorité des Japonais qui comprennent à plus de 80% la volonté de leur empereur de se retirer, une première dans l'histoire moderne japonaise.

La droite au pouvoir y est par contre opposée, car pour elle l'empereur reste un "être religieux". La droite craint aussi que cela ouvre le débat sur la possibilité qu'une femme devienne impératrice

Infographie : la famille impériale japonaise
Infographie : la famille impériale japonaise © VisActu
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