Les Japonais renouvellent dimanche la moitié de leur Sénat. Le premier ministre Shinzo Abe compte obtenir la majorité nécessaire pour modifier la constitution pacifiste du pays.

Un passant regarde des affiches de campagne pour les sénatoriales à Tokyo
Un passant regarde des affiches de campagne pour les sénatoriales à Tokyo © Reuters / Issei Kato

Le scrutin devrait offrir une large victoire au parti conservateur du Premier ministre Shinzo Abe, malgré les résultats jugés mitigés de sa politique. Au pouvoir depuis décembre 2012, M. Abe n'est toujours pas parvenu à redresser la troisième économie du monde.

Une opposition affaiblie

Mais son Parti libéral démocrate (PLD), aux commandes de façon quasi ininterrompue depuis 1955, associé en coalition à la formation centriste Komeito, a en face de lui une opposition affaiblie. Le Parti démocrate (centre-gauche), son principal adversaire, peine à se remettre d'un passage au pouvoir d'un peu plus de 3 ans entre 2009 et 2012. Un mandat marqué par des revirements incessants et le tsunami de mars 2011 à l'origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Après un passage raté au poste de Premier ministre en 2006-2007, Shinzo Abe est revenu sur le devant de la scène presque rajeuni 5 ans plus tard et a précipité l'effondrement du gouvernement de centre-gauche fin 2012. Ce nationaliste affiche l'ambition de parvenir à une révision de la Constitution pacifiste du Japon.

Un scrutin déterminant pour changer la constitution

Le scrutin pourrait être à terme déterminant. Si le PLD et les forces qui lui sont favorables contrôlaient dimanche soir les deux tiers du Sénat, après avoir déjà conquis la même proportion de la Chambre basse, une condition nécessaire serait remplie pour pouvoir convoquer un référendum proposant de premiers changements dans la loi fondamentale restée intacte depuis près de 70 ans.

Le PLD poursuit depuis sa création l'objectif de doter le Japon d'une "constitution autonome". Et donc réviser l'article 9 de la constitution de 1947, largement inspirée par l'occupant américain après la Seconde guerre mondiale, selon lequel : "Le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux."

Selon les spécialistes, M. Abe ne s'attaquerait toutefois pas directement à son article 9, se contentant dans un premier temps de soumettre des amendements plus anodins pour lever le tabou sans se mettre à dos la majorité des Japonais pour qui cet article est un bien précieux. .

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