Reihane est une jeune sportive afghane originaire de Bamiyan. À 18 ans, elle raconte les premières semaines d'une vie sous le régime des talibans.

Reihane (à gauche)  fait partie de l'équipe nationale de cyclisme féminin d'Afghanistan
Reihane (à gauche) fait partie de l'équipe nationale de cyclisme féminin d'Afghanistan © Reihane

Sur la photo qu'elle utilise sur les réseaux sociaux, Reihane pose, du rouge aux lèvres, foulard multicolore sur une partie des cheveux. À 18 ans, la jeune femme, athlète, membre de l'équipe nationale de cyclisme, a vu sa vie changer brutalement en quelques jours. Elle a quitté sa ville, Bamiyan pour Kaboul, où elle est hébergée par sa famille. "Depuis que les Talibans sont arrivés, les filles n'ont plus le droit de faire du sport. Je pense que les talibans ne m'autoriseront jamais à remonter sur mon vélo", raconte-t-elle à France Inter. 

L’inquiétude est devenue une compagne permanente. "Physiquement, je vais bien. Mais psychologiquement, je suis détruite. C'est impossible de s'habituer à ça !" Le manque de clarté de la politique des talibans vis-à-vis des femmes crée une "peur incroyable" en Afghanistan et des atteintes aux droits des femmes sont signalées quotidiennement dans le pays, affirme pour sa part Alison Davidian, représentante adjointe d'ONU Femmes en Afghanistan.

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Les femmes cantonnées à leur domicile

Elle le rappelle : certaines femmes ont interdiction de sortir chez elles sans être accompagnées par un homme de la famille, d'autres sont contraintes d'abandonner leur travail, des centres de protection contre les violences conjugales ont été pris pour cible et les maisons de refuge pour les militantes des droits de femmes n'ont plus de places disponibles.

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"Dans ma province, à Bamyian", reprend la jeune femme, "chaque jour je faisais du vélo. J'allais à l'école avec, j'allais partout avec mon vélo. Mais ici, à Kaboul, je reste juste à la maison. La seule chose que je peux faire c'est dormir, c'est tout." 

"Les talibans nous disent que les femmes sont là pour élever les enfants. Je ne peux pas m'y faire."

La vie d’avant commence à ressembler à un souvenir. "Maintenant, les femmes ne peuvent pas sortir de la maison. Seulement les hommes. Mon frère, mon père, peuvent aller dehors pour aller acheter le nécessaire." Sur son téléphone, Reihane a gardé une vidéo de sa dernière course. Poing levé au moment de franchir la ligne d'arrivée, au milieu d'un paysage aride…