Près de deux semaines après la mort de George Floyd, tué à Minneapolis par un policier blanc, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont à nouveau défilé à Los Angeles, New York, ou encore Washington. Le récit de nos correspondants dans ces deux villes.

Manifestante lors de la manifestation "Black Lives Matter" à Washington
Manifestante lors de la manifestation "Black Lives Matter" à Washington © AFP / Jose Luis Magana

Les quatre policiers à l'origine de la mort de George Floyd ont été inculpés, mais la colère dépasse largement cette affaire désormais. À Washington, où le point de rendez-vous était situé devant la Maison-Blanche, le rassemblement était à a fois festif et recueilli, sans incident.

Janelle est venue manifester avec son fils sur la 16eme rue, juste en face de la maison présidentielle. Lui s’appelle Avery, il a 5 ans et sa mère a dû lui expliquer ce qui s'était passé et pourquoi c'était important. "Je veux qu’il sache que sa vie compte, même si un jour quelqu’un essaye de lui dire le contraire", dit-elle.

Le petit garçon a l’air plus intéressé par les ballons que les manifestants ont gonflés que par les revendications de "Black Lives Matter" (les vies noires comptent), tandis que sa mère a l’impression de vivre un moment historique. "C’est comme si on était dans les années 60. Expliquons à nos enfants que leur futur a de l’importance !"

"J’ai essayé de lui expliquer qu’un policier avait fait du mal à quelqu’un d’autre, et ça juste à cause la couleur de sa peau. Donc oui, on a eu cette conversation ensemble sur la justice, et je pense qu’il en a compris une grande partie"

Sous les fenêtres de Donald Trump, la maire de Washington (démocrate) a fait peindre sur le bitume en lettres jaunes et géantes : Black Lives Matter.

Un mouvement amplifié par la crise sanitaire

À New York, on comptait plusieurs cortèges, et on a bien l'intention de poursuivre le combat. Pour que les manifestants puissent être présents dans les meilleures conditions, des masques, bouteilles d'eau et barres de céréales sont distribuées gratuitement. "Comme ça, quand ils sont là, ils peuvent s’amuser, et rester autant qu’ils veulent", explique Tyssa, qui s'occupe de la distribution à l'entrée de Washington Square Park. "Ainsi, on pourra continuer pendant des semaines ! Se rapprocher de la présidentielle, ce serait le mieux. Histoire que personne n’ait le temps d’oublier."

Manifestants à l'entrée du Washington Square Park le 6 juin 2020
Manifestants à l'entrée du Washington Square Park le 6 juin 2020 © AFP / Tayfun Coskun / ANADOLU AGENCY

Un peu plus loin, au soleil (entre deux averses), des milliers de personnes écoutent, comme au premier jour, les orateurs se succéder sur une scène de circonstances. Djelene aussi pense que le mouvement va durer. La crise sanitaire n’y est pas pour rien, estime-t-elle.

"Les gens ont pu ralentir, et prêter attention. Nos cerveaux ne débordent pas d’interférences sociales, on ne pense pas au travail, à nos amis, à la salle de sport… C’est le moment parfait pour ce mouvement."

Quant à l’arrestation des policiers à l’origine de la mort de George Floyd, ce n’est qu’un début, affirme son amie. "Comment sait-on que ça ne va pas se reproduire dans une semaine ? Et puis, ils ont juste été inculpés : on attend encore justice, ils doivent être condamnés ! Alors on doit rester… Jusqu’au bout." Plusieurs rassemblements sont encore prévus à New York ce dimanche.

Manifestants à Brookyn (New-York) le 6 juin 2020
Manifestants à Brookyn (New-York) le 6 juin 2020 © AFP / Angela Weiss
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