Il y a désormais un apaisement entre le dirigeant européen et le président américain, sur le front de la guerre commerciale. Même si Bruno Le Maire ne semble pas du même avis, le président de la Commission européenne semble tout de même avoir gagné une bataille stratégiquement importante. Analyse de Quentin Dickinson.

 Jean-Claude Juncker et Donald Trump à Washington le 25 juillet 2018
Jean-Claude Juncker et Donald Trump à Washington le 25 juillet 2018 © AFP / Saul Loeb

La rencontre à Washington mercredi entre Jean-Claude Juncker et Donald Trump a permis d'obtenir un accord, un début de désescalade possible : aucun nouveau tarif douanier sur les voitures européennes, en échange d'une augmentation des achats de soja américain. Une rencontre jugée constructive, même si le ministre français de l'Économie y a apporté des réserves. Il réclame des clarifications, et trace une ligne rouge sur la question de l'agriculture, qu'il refuse de voir incluse dans le champ des négociations.

Pour autant, le président de la Commission peut se réjouir. Il est vrai que Jean-Claude Juncker, spécialiste des initiatives de la dernière chance, n’a pas perdu de temps pour se rendre à Washington. L’idée (qui manifestement n’était pas mauvaise) était de profiter de l’affaiblissement actuel de Donald Trump, assailli de toutes parts en interne à la suite de son calamiteux Sommet avec Vladimir Poutine à Helsinki.

Retour à la négociation et concessions indolores

De plus, les mesures de rétorsion européennes (et surtout chinoises) aux surtaxes imposées par les États-Unis commencent à mordre, et le président américain, qui apprend dans la douleur les règles de base de l’économie mondialisée, est à la recherche d’alliés.

Ici, on comprend la satisfaction de Berlin, puisque Jean-Claude Juncker est parvenu à écarter la menace de surtaxer les importations de voitures et de pièces détachées automobiles européennes. Mais on comprend aussi les réserves de la France.

On peut toutefois y répondre qu’en échange de concessions indolores, on a obtenu le redémarrage de la négociation, destinée à supprimer les surtaxes américaines sur l’acier et sur l’aluminium européens. Que les importations agricoles en provenance des États-Unis seront aussi, évidemment, en tous points conformes aux normes de sécurité européennes. Et qu’un très éventuel accord général de libre-échange transatlantique nécessiterait une position commune de vingt-sept pays de l’Union européenne. Une position commune que l'on mettra des années à mettre au point... si l'on y parvient un jour.

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