Jean-Claude Juncker, qui était un ami de Jacques Chirac, s’est dit bouleversé par sa mort. Le président de la Commission européenne, sur le départ, a traversé bien des crises européennes aux côtés de l’ancien président français quand il était notamment premier ministre du Luxembourg.

Jacques Chirac et Jean-Claude Juncker à Luxembourg en 2005
Jacques Chirac et Jean-Claude Juncker à Luxembourg en 2005 © AFP / Gérard CERLES

FRANCE INTER : Vous semblez très touché par le décès de Jacques Chirac. Quelle relation particulière aviez-vous ?

JEAN-CLAUDE JUNCKER : "Jacques Chirac et moi, c’était une histoire singulière parce qu’il était plus âgé que moi et il apporté beaucoup d’attention à ma petite existence. Je veux d’abord rendre l’hommage à l’homme qu’il fut, chaleureux, naturellement et spontanément orienté vers les autres. Il avait cette chaleur humaine sans artifice, il était comme ça. Je l’ai connu lorsqu’il était un jeune loup de la politique française et plus tard je l’ai connu comme géant de la Ve République. Il parlait de la France et agissait pour la France avec énormément d’élégance."

Jacques Chirac n’est pas né Européen, mais il l’est devenu ?

"L’Europe, il ne la portait pas dans le ventre, mais sur le tard, il la portait dans le cœur. Il parlait lors des réunions internationales avec une conviction qui impressionnait les Européens et les non-Européens, surtout les non-Européens. Je lui disais toujours qu’il avait l’Europe en tête car il était hautement intelligent et érudit. Je l’ai toujours vu, lors des réunions européennes et internationales, se battre pour l’Europe et s’opposer à ceux qui n’acceptaient pas le mode de vie européen en vantant les vertus de la façon d’être des Européens. Cela me permet de dire que ce fut un grand Français et un grand Européen. Européen par raison, par nécessité, par réflexe et par pragmatisme, mais à partir d’un certain moment, j’ai vu dans son esprit renaître l’idée de la vieille Europe. Pas la vieille Europe au sens américain du terme, mais une Europe qui a un rôle à jouer dans les affaires internationales. On n’oubliera jamais l’énorme investissement contre la guerre en Irak. C’était lui et pas tous ceux qui disent aujourd’hui que c’était eux. C’était lui. Il a fait honneur à la France et à l’Europe."

Jacques Chirac était aussi un premier lanceur d’alerte écologique

"Oui, 'la maison brûle', et elle brûle toujours. Aujourd’hui on fait comme si on l’avait découvert hier soir. Il l’avait découvert il y a 20 ans."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.