Benjamin Netanyahu demande des garanties
Benjamin Netanyahu demande des garanties © MaxPPP/UPI/Debbie Hill

En visite à Jérusalem et Ramallah, le ministre des Affaires étrangères français tente de convaincre les deux camps, en particulier Benjamin Netanyahu, de la bonne volonté de la nouvelle initiative pour relancer le processus de paix. Le Premier ministre israélien, lui, ne s'est pas privé d'ironiser sur "l'impartialité" de la France.

Accueil assez peu chaleureux pour le représentant français en Israël, pour une rencontre au sommet qui a rappelé à chacun la complexité de la situation . Dans sa présentation, Jean-Marc Ayrault a toutefois choisi de mettre l'accent sur la nécessité de l'initiative de Paris, première étape vers de nouvelles discussions.

Mais la tâche est tout sauf aisée : les précisions de notre correspondant à Jérusalem Étienne Monin

C'est sur la bonne foi de la France que le ministre a dû se montrer le plus convaincant. Sa visite a été polluée par la participation de Paris au vote d'une résolution à l'Unesco, il y a quelques semaines. Un texte jugé hostile par le gouvernement israélien. Benjamin Netanyahu s'en est servi pour questionner l'impartialité de la France.

J'ai dit (à M. Ayrault) que la décision scandaleuse prise à l'Unesco avec le soutien de la France et qui ne reconnaît pas le lien millénaire entre le peuple juif et le mont du Temple jette une ombre sur l'impartialité du forum que la France tente de réunir. La seule voie, ce sont des négociations directes sans condition préalable.

Le dialogue direct aurait la préférence d'Israël

Israël reproche en particulier au texte de ne jamais faire référence à l'esplanade des Mosquées comme mont du Temple, appellation sous laquelle les juifs révèrent le lieu, ou qu'il ne cite le mur des Lamentations qu'entre guillemets. Un prétexte idéal pour permettre au gouvernement israélien de prendre ses distances avec l'initiative de Paris , une conférence internationale dont les deux principaux intéressés sont dans un premier temps exclus.

Jean-Marc Ayrault s'est défendu de tout favoritisme d'un côté ou de l'autre, et a justifié sa participation à cette résolution, source de "malentendus" selon lui.

La France n'est pas isolée. En tout cas, elle fait preuve de désintéressement.Il ne peut pas y avoir de doute quant à la sincérité de la France.

Pour lui, la situation de blocage dans la région est maintenant dangereuse. Il considère même qu'elle peut faire le lit de l'État islamique, et quele cadre d'un dialogue direct, défendu par les Israéliens, n'a débouché sur rien.

Quand on constate un blocage, il ne suffit pas de formules. On peut toujours dire qu'on est prêt au dialogue, mais s'il ne se passe rien, c'est qu'il y a un blocage. Il faut débloquer cette situation.

Reste maintenant à savoirsi le secrétaire d'État américain lui-même participera à la conférence. C'est un point crucial pour l'impact de l'initiative. Les Français sont prêts à décaler légèrement les dates pour faire concorder les agendas.

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