Alors que le Ministre de la défense est arrivé dans la capitale centrafricaine, les ONG craignent une crise humanitaire de grande ampleur à Bangui où 30.000 personnes sont toujours réfugiées sur l'aéroport défendu par les forces françaises de l'opération Sangaris.

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L'offensive que les anti-balakas ont lancée la semaine dernière à Bangui avec l'appui de partisans de François Bozizé, le président déchu, et les représailles qui ont suivies ont fait un demi-millier de morts et plus de 100.000 déplacés, ce qui porte leur nombre à 500.000 à l'échelle nationale depuis que la Séléka a pris les armes.

Plus de 100.000 de ces déplacés vivent dans des camps dans des conditions très précaires à Bangui.

MSF, seule organisation humanitaire présente sur l'aéroport de Bangui, où règne une forte odeur d'urine et d'excréments, a "alerté plusieurs fois les agences des Nations Unies, demandant que de la nourriture, des tentes et du matériel d'hygiène soient immédiatement déployés" mais dépore qu'aucune réponse concrète ne puisse être apportée".

Aux crises de paludisme et autres infections respiratoires pourraient s'ajouter bientôt des épidémies dues au manque d'eau, de soins et de moyens, dit-elle, déplorant l'absence totale de sanitaires.

Médecins sans frontières a adressé hier une lettre ouverte à Valérie Amos, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies chargée des Affaires Humanitaires, pour réclamer davantage de moyens.

"Il y a un risque de crise humanitaire en Centrafrique"

A son arrivée à Bangui, le ministre de la Défense a parlé de l'"état d'insécurité alimentaire" su pays. "La spirale de l'affrontement s'est brutalement aggravée, ajoutant à la crise sécuritaire les prémices d'une crise humanitaire", a affirmé le ministre lors d'un discours devant 200 soldats français déployés dans le cadre de l'opération Sangaris.

Jean-Yves Le Drian avec Olivier Poujade

Bossangoa, premier symbole des violences qui déchirent le pays

Jean-Yves Le Drian s'est ensuite envolé vers Bossangoa, autre point chaud de la République Centrafricaine, où sont déployés plusieurs centaines de soldats français et où on compte également plusieurs dizaines de milliers de déplacés dans des camps.

Le reportage d'Olivier Poujade

Vingt-sept musulmans ont été tués jeudi par des milices d'auto-défense chrétiennes dans un village de l'ouest de la République centrafricaine. Une porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a décrit "un cercle d'attaque et de représailles continues".

Selon l'état-major français, le désarmement des milices touche à sa fin

A son retour à Bangui dans la journée, le ministre doit rencontrer les principales autorités religieuses du pays, en proie aux violences interconfessionnelles entre chrétiens et musulman et s'entretenir avec le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, ex-chef de la rébellion Séléka, qui a lancé jeudi soir un appel à la réconciliation du peuple centrafricain.

Michel Djotodia avec Mathilde Lemaire

Dans la soirée, Jean-Yves Le Drian se rendra au Tchad, où il rencontrera le président Idriss Deby. le Tchad est l'une des composantes de la Misca.

"La nation est fière de ses soldats déployés en RCA"

Le ministre de la Défense, qui s'est exprimé devant les soldats trois jours après la mort de deux des leurs, a indiqué qu'il était venu "pour (leur) apporter tout le soutien de la nation qui est fière de ses soldats déployés en RCA". 1.600 hommes sont actuellement en Centrafrique pour mettre fin aux exactions des groupes armés et tenter de stabiliser le pays.

François Hollande s'est lui-même rendu mardi soir à Bangui, a jugé la mission française, sous mandat de l'ONU, "dangereuse" mais "nécessaire", si l'on veut "éviter un carnage" dans le pays.

Interrogé lors d'un déplacement au Brésil, le Chef de l'Etat a souligné que "Si la France n'était pas en Centrafrique, qui pourrait y être?". François Hollande a qu'il demanderait lors du prochain conseil de l'Union européenne la semaine prochaine la création d'un "fonds européen permanent" pour financer des interventions en urgence dans des pays en crise comme celle menée par la France en Centrafrique.

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