18 sites sont sortis de terre à Bakou en l'espace de 30 mois. Budget : un milliard d'euros.
18 sites sont sortis de terre à Bakou en l'espace de 30 mois. Budget : un milliard d'euros. © Reuters

L'Azerbaïdjan, qui accueille à partir de ce vendredi les premiers Jeux européens, est sous le feu des critiques des ONG : journalistes interdits d'entrée, opposants emprisonnés... Amnesty International dénonce des "Jeux de la répression".

Pour le président Ilham Aliev, ces Jeux devaient être une vitrine pour son pays : 6.000 athlètes attendus jusqu'au 28 juin sur 18 sites flambant neufs (budget : un milliard d'euros). Mais il essuie depuis plusieurs jours un torrent de critiques des organisations de défense des droits de l'Homme. Dans un rapport intitulé "Azerbaïdjan : les Jeux de la répression" , Amnesty International fustige ainsi les abus du régime d'Aliev :

Derrière l'image d'une nation moderne et ouverte, l'Azerbaïdjan est un État où la critique des autorités est chaque jour frappée par la répression.

► ► ► DOCUMENT | Le rapport d'Amnesty International dans son intégralité (en anglais)

Human Rights Watch dénonce de son côté **"une atmosphère de répression sans précédent dans l'ère post-soviétique".** Selon le décompte de l'ONG, [au moins 35 militants et opposants au régime ont été arrêtés](https://www.hrw.org/fr/news/2015/04/19/azerbaidjan-il-faut-liberer-les-militants-et-les-journalistes-emprisonnes) ces dernières semaines. Parmi eux, la journaliste indépendante Khadija Ismaïlova, auteure de plusieurs enquêtes sur la corruption au sommet de l'État. ### L'OSCE priée de fermer son bureau Plusieurs journalistes étrangers se sont par ailleurs vu refuser l'entrée en Azerbaïdjan sans aucune explication. C'est le cas du correspondant de Radio France Internationale (RFI) Régis Genté. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a pour sa part reçu une lettre du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères lui donnant**"un mois à partir du 4 juin" pour fermer son bureau de Bakou.** Rachel Denber, l'une des responsables de Human Rights Watch, ne cache pas sa colère : > La répression du gouvernement rend ces Jeux européen historiques pour de mauvaises raisons. **Le monde du sport, lui, fait comme si de rien n'était.** Ou presque : seul le Comité olympique allemand a rejoint l'appel lancé par un rapporteur de l'ONU pour que l'Azerbaïdjan libère les militants emprisonnés avant le coup d'envoi des Jeux.
Bakou, Azerbaïdjan
Bakou, Azerbaïdjan © Radio France
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