Avant l’ouverture des Jeux Olympiques de Rio, des associations dénoncent les expulsions sauvages dans les favelas : plus de 25 000 familles déplacées aux abords de la ville.

Des enfants dans la favela Vila Autodromo
Des enfants dans la favela Vila Autodromo © Reuters / Ricardo Moraes

Depuis que la ville, en 2009, a obtenu l’organisation de ces Jeux Olympiques, le ballet des pelleteuses n’a pas cessé, en particulier dans les quartiers pauvres de la ville.

En l’espace de sept ans, près de 67.000 cariocas ont été expulsés pour des raisons diverses, allant de risques d'éboulement à la construction de nouvelles voies de transports publics, ou la construction du Parc olympique près de la favela de la Vila Autodromo (zone ouest).

D'après le chercheur universitaire (UFRJ) Lucas Faulhaber, cité par l'hebdomadaire Piaui, Eduardo Paes est le maire "qui a le plus déplacé d'habitants dans l'histoire de la ville", quand ces expulsions ont souvent donné lieu à des manifestations, et des interventions musclées de la police.

Une ville plus inégalitaire après les JO

Les conséquences sur l’urbanisme de la ville sont déjà visible : un déplacement des plus pauvres vers la banlieue de Rio, et une ville encore plus inégalitaire après ces JO 2016.

Les autorités ont transféré ces familles sans négociation, en les menaçant et en les obligeant à accepter ce type d’expulsion (Orlandos Santos, professeur en urbanisme)

Dans beaucoup de cas, des communautés entières ont été déplacées sans qu’aucun projet ne voit le jour sur leurs terres, comme dans la favela qui jouxtait le stade Maracana, aujourd’hui devenue un terrain vague.

Néanmoins, ces lieux seront bientôt investis par de nouvelles constructions, puisque la spéculation immobilière fait son chemin à Rio, portée par ces grands événements sportifs. Problème : les plus pauvres, indemnisé à un prix bien inférieur à celui du marché, n’en profiteront évidemment pas.

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