Sur les réseaux sociaux, Krystsina Tsimanouskaya avait accusé les entraineurs de la fédération biélorusse de négligence. Elle a été forcée de suspendre sa participation aux Jeux et escortée ce dimanche à l'aéroport pour être renvoyée vers son pays. Elle a appelé le CIO à l'aide : "Je ne retournerai pas en Biélorussie".

 Krystsina Tsimanouskaya en 2019 à Minsk, en Biélorussie
Krystsina Tsimanouskaya en 2019 à Minsk, en Biélorussie © Maxppp / SERGEY DOLZHENKO

Elle était censée disputer ce lundi les séries du 200 mètres aux Jeux Olympiques de Tokyo. Mais on ne lui a pas laissé le choix : la sprinteuse biélorusse Krystsina Tsimanouskaya a été emmenée de force à l'aéroport ce dimanche pour être expulsée vers la Biélorussie, après les critiques émises publiquement contre les entraineurs de son pays. "Je demande au Comité international olympique de m'aider, j'ai subi des pressions et on essaie de me faire partir du pays sans mon accord", a déclaré l'athlète de 24 ans dans une vidéo sur Instagram.

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Elle avait vivement critiqué la Fédération biélorusse d'athlétisme sur les réseaux sociaux

Krystsina Tsimanouskaya a reçu l'ordre de plier bagages, ce dimanche. Motif invoqué par le comité olympique biélorusse : l'état "émotionnel et psychologique" de l'athlète. Un "mensonge", a dénoncé la sportive devant la presse à l'aéroport. Cette semaine, elle avait violemment critiqué la Fédération biélorusse d'athlétisme, l'accusant de négligence. Sur Instagram, elle avait expliqué être obligée de participer au relais 4X100 mètres - qui n'est pas sa spécialité - en raison de l'absence de certains membres de l'équipe qui n'ont pas réalisé suffisamment de contrôles antidopages. 

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Des propos qui lui ont aussitôt valu d'être la cible d'une campagne de dénigrement dans la presse biélorusse. "Les médias officiels de propagande l'ont décrite comme une sportive capable de rien", raconte à France Inter le journaliste franco-biélorusse Andrei Vaitovich. D'autant qu'il y a un an, Krystsina Tsimanouskaya avait apporté son soutien aux manifestations pacifiques contre Loukachenko. "Au Belarus, quand on critique le régime, on en paie les conséquences", observe le reporter. 

La sportive est toujours au Japon

Finalement, Krystsina Tsimanouskaya n'est pas montée dans l'avion de la Turkish Airlines qui devait la ramener dans son pays. Un peu après 17h (heure de Paris), elle a fait savoir qu'elle était en sécurité, dans un poste de police de l'aéroport de Tokyo. "On est en train de décider où je vais passer la nuit", a déclaré l'athlète dans un communiqué publié sur Telegram. Selon la Fondation bélarusse de solidarité sportive, qui soutient des sportifs emprisonnés ou mis sur la touche en raison de leurs opinions politiques, Krystsina Tsimanouskaya envisagerait de demander l'asile politique dans un pays d'Europe.

Le président de l'ancienne république soviétique, Alexandre Loukachenko, dirige la Biélorussie d'une main de fer depuis 1994. Confronté l'an passé à d'importantes manifestations sur les conditions dans lesquelles se sont tenues les dernières élections, il a ordonné une répression violente contre les manifestants.

Fait inhabituel dans un pays où l'élite sportive dépend souvent des deniers publics pour son activité, plusieurs athlètes biélorusses ont pris part aux manifestations, comme la basketteuse olympique Yelena Leuchanka et le champion de décathlon Andrei Krauchanka.  Pour d'autres, en représailles à leur soutien à l'opposition, l'Etat a mis fin à leur emploi ou les a exclus des sélections nationales.