Le soir même de son investiture, Joe Biden s'est installé dans le Bureau ovale pour signer des décrets présidentiels. Depuis, il en signe presque chaque jour, pour faire face à la crise sanitaire et économique dans l'urgence, et pour défaire au plus vite l'action de Donald Trump.

Joe Biden a signé des décrets présidentiels dès le 20 janvier 2021
Joe Biden a signé des décrets présidentiels dès le 20 janvier 2021 © AFP / ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AF

Lorsque Donald Trump a quitté la Maison Blanche le 20 janvier 2021, il s'est réjoui de ses "réussites, que ce soit sur la réglementation de l'immigration illégale, les impôts, l'aide aux anciens combattants ou encore les échanges commerciaux". En réalité, la nomination de trois juges conservateurs à la Cour Suprême et la loi fiscale votée en 2017 sont les seules décisions de Donald Trump amenées à durer dans le temps. Car pour le reste, tout a été adopté par décret, et peut donc très vite être annulé par décret.

Donald Trump voulait effacer toute décision de Barack Obama

Il y a quatre ans, Donald Trump avait pris la liste des actions de Barack Obama et s'était attaché à en détruire chacune d'entre elles. Pour cela, il signait des décrets. Ce qui n'était pas forcément nécessaire puisque pendant les deux premières années de son mandat, la Chambre des représentants et le Sénat étaient à majorité républicaine. Il aurait donc tout à fait pu proposer des lois. Il ne l'a pas fait, car son but n'était pas de légiférer, mais de défaire ce qu'Obama avait fait. Et il faisait de chaque signature un moment de show télévisé, comme le rappelle le New York Times.

Joe Biden signe pour aller vite

Joe Biden, lui, ne signe pas des décrets pour imprimer sa marque. Il les signe pour effacer l'héritage de Donald Trump. C'est du moins ce qu'affirme son entourage : Brian Deese, conseiller économique de l'équipe Biden, a déclaré vendredi que la priorité numéro un de la nouvelle administration était de faire voter un plan d'aide d'urgence coronavirus de 1,9 milliard de dollars, mais que des points précis comme une hausse du salaire minimum des employés fédéraux ne pouvaient pas attendre un vote du Congrès si l'on voulait éviter que le pays sombre dans une crise économique très grave.

Le 23 janvier, Joe Biden tweetait :

"Nous sommes confrontés à un moment historique dans l'histoire de notre pays - un moment qui nécessite de mener des actions courageuses et rapides. C'est pourquoi cette semaine, j'ai pris des décisions historiques pour soulager les familles américaines et aborder les défis auxquels nous faisons face."

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Deux conseillers de Joe Biden affirment de leur coté que signer ces décrets ne doit pas être interprété comme une marque d'autorité mal placée de la part du nouveau président mais plutôt comme une réponse rapide à la pandémie et aux dommages causés par la politique de Donald Trump.

L'héritage de Trump disparaît

Lors de ses premières 48 heures à la tête des États-Unis, Joe Biden a tout de même signé quelque 30 décrets, dont 14 annulaient directement des décisions de Donald Trump.

Ainsi, les États-Unis continueront de financer l'OMS, sont de retour dans l'Accord de Paris sur le climat, ouvrent de nouveau leurs frontières aux pays à majorité musulmane qui avaient été bannis par l'administration Trump, les contrôles de l'immigration illégale dans le pays sont stoppés, la prolongation du mur de séparation avec le Mexique est annulée, le pipeline Keystone allant jusqu'au Canada est mort-né, l'interdiction de forer dans l'Arctique est restaurée, les personnes trans pourront entrer et servir dans l'armée et les personnes homosexuelles et transgenres seront protégées de toute discrimination dans le cadre professionnel.

Le New York Times cite un ancien conseiller expérimenté qui, préférant l'anonymat, affirme : 

"Trump a fait peu de choses qui sont amenées à rester. À l'allure à laquelle va Biden, tout ce que Trump a fait aura disparu avant le lever du soleil lundi, sauf ses choix pour la Cour Suprême."