Jusqu'à présent la Jordanie semble épargnée par la vague des printemps arabes. Fidèle à son histoire et à son rôle géopolitique, le royaume sert d'édredon aux crises régionales. Après les Palestiniens et les Irakiens, il accueille aujourd'hui les réfugiés syriens qui seraient 350 000, dont 90 000 pour le seul camp de Zaatari.

Et le roi dans tout ça ? Il est inquiet et joue la montre, même si officiellement, il se fait le chantre des réformes. Le pays semble tétanisé et les dernières élections n'ont pas fondalement changé la donne. Islamistes et palais royal se toisent mais personne ne souhaite la confrontation. Les islamistes montrent patte blanche.

Dr Abdallah Farajallah du Front d'action islamique, la branche politique des Frères musulmans

Le système politique tourne à vide, faute de renouvellement du personnel politique. Le roi Abdallah ne se fait guère d'illusion sur le parlement qui ressemble à une coquille vide. Son seul objectif semble être de faire le dos rond en espérant des lendemains meilleurs.

Jalal Husseini, politologue

Critiquer le roi n'est plus un tabou. La corruption au diwan est un secret de polichinelle. La reine Rania, qui n'a jamais eu vraiment la cote, est comparée à Marie-Antoinette. Ses grandes fêtes à Pétra, ses dépenses personnelles et surtout la voracité dans les affaires de son frère, irritent de plus en plus les Jordaniens touchés de plein fouet par la crise économique.

Cheikh Fares Al-Fayez, chef d'une grande tribu bédouine

Le roi Abdallah a-t-il vraiment pris conscience du mécontentement de la rue jordanienne ? Beaucoup en Jordanie doutent que Hussein, le fils aîné du roi Abdallah, monte un jour sur le trône...

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