Dans un mois, les Jordaniens se rendent aux urnes pour élire un nouveau parlement. "C'est un carrefour pour le royaume, un moment clé pour l'avenir du pays : soit on va vers le mieux, soit on dégringole!" résume un diplomate jordanien. Si les Frères musulmans boycottent vraiment le scrutin, "ça risque de poser de gros problèmes" , poursuit-il.

Depuis 40 ans, on spécule sur la "fragilté" du royaume hachémite qui a survécu à de multiples tempêtes : "septembre noir" des Palestiniens en 1970, émeutes de Maan en 1989 contre la vie chère, retour des Palestiniens du Golfe en 1990-1991, afflux des réfugiés irakiens après la chute de Saddam Hussein en 2003 et aujourd'hui, c'est au tour des Syriens de venir en Jordanie.

Le roi Abdallah II est sous pression. Le Qatar et l'Arabie saoudite le poussent à laisser passer des armes en Syrie pour alimenter l'insurrection. Jusqu'à présent, il s'y refuse.Or, la situation économique de la Jordanie est catastrophique et c'est Riyad qui assure les fins de mois du royaume. "Nous sommes la Grèce du Proche-Orient", résume un officiel jordanien.

Le talon d'Achille d'Amman, c'est sa facture énergétique. Les rutpures fréquentes d'approvisionnement du gaz égyptien, liées à des attentats sur le gazoduc dans le Sinaï, perturbent l'économie jordanienne. Coût de la facture annuelle : 7 milliards de dollars.

Au plan politique, la rue jordanienne exige des réformes réelles."Le roi comprend le message mais n'est pas prêt à lâcher vraiment du lest. La monarchie constitutionnelle à l'espagnole n'est pas pour demain, car il se sent encore en position de force, " nous explique un officiel jordanien.

La bouée de sauvetage du royaume sera encore une fois sa position géographique. Les monarchies sunnites du Golfe n'ont pas intérêt à trop affaiblir la Jordanie, ainsi que les Etats-Unis et Israël. Si les choses tournaient mal, il leur faudra alors sauver le soldat Abdallah...en payant la facture!

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