Les réfugiés syriens l'ont baptisé avec ironie, "les Champs-Elysées " : dans le camp de Zaatari, des dizaines d'échoppes en tôle se sont agglomérées autour d'un axe central. Un signe de plus pour les résidents que l'exil va durer. Les gens construisent en dur et privatisent leur espace de vie. Lorsqu'ils sont installés dans des bungalows, ils revendent leurs tentes siglées UNHCR.

Hélas, constate Kilian Tobias-Kleinschmidt, le responsable du HCR sur place, "la durée de vie moyenne d'un camp de réfugiés dans le monde est de 9 ans!" Aujourd'hui, près de 115 000 Syriens s'entassent à Zaatari. Le camp a presque atteint sa capacité maximale. "Nous pouvons encore recevoir entre 20 et 30 000 personnes ," poursuit Kilian Tobias-Kleinschmidt. Un autre camp à Azraq, encore plus grand, est prêt pour accueillir une nouvelle vague de réfugiés.

Le camp de Zaatari ne représente qu'un cinquième des réfugiés syriens - plus de 500 000 - dans le royaume. La majorité a trouvé refuge dans les villes jordaniennes. Un afflux qui commence a sérieusement irriter les populations locales. Ainsi, le niveau des loyers à Mafraq, à côté de Zaatari, a explosé de 70 JD par mois à plus de 150 voire 200 JD ! Résultat, constatent les ONG sur place, le racisme anti-syrien est à la hausse.

L'impact des réfugiés syriens menace de faire exploser le tissu socio-économique de la Jordanie. C'est ce qu'à pu constater la ministre chargée des Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret, qui a visité récemment le royaume hachémite.

Hélène Conway-Mouret

La ministre aurait pu aussi ajouter : et que dire de la France qui a tant de mal à régler la question des 20 000 Roms sur son territoire!

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