Vingt ans après les accords de Dayton qui ont mis fin en 1995 à la guerre de Bosnie qui fit plus de 100 000 morts et deux millions de déplacés, le Tribunal pénal international pour l'ex Yougoslavie s'apprête à rendre, à La Haye, son verdict contre Radovan Karadzic, ancien leader des Serbes de Bosnie, jugé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. S'il est jugé coupable, l'ancien psychiatre, considéré comme le cerveau de la purification ethnique en Bosnie, sera le plus haut responsable politique a être condamné en Europe par un tribunal international depuis les procés de Nuremberg contre les dignitaires nazis.

Arrêté en 2008 après 13 ans de clandestinité, Karadzic est accusé des trois ans et demi de siège de Sarajevo et de ses 12 000 morts, du massacre des 8 000 musulmans de Srébrénica , d'actes de génocide dans plusieurs municipalités de Bosnie, des camps de détention, des persécutions, des viols, qui représentèrent les pires atrocités commises au coeur de l'Europe depuis la seconde guerre mondiale.

Onze chefs d'accusation, près de 500 jours d'audience étalés sur 5 ans, 600 témoins, un dossier de trois millions de pages et une réclusion a perpétuité requise, le procés fut historique et le verdict sera quasiment le point final des 23 années d'exercices du tribunal pour l'ex Yougoslavie.

Karadzic, 70 ans, a assuré seul sa défense, il est le seul a penser qu'il sera acquitté, dans le cas contraire il fera appel et il se sait toujours populaire, beaucoup de Serbes voient en lui un héros de la guerre de Bosnie.

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