Comme chaque année, ce dimanche 20 juin marque la journée mondiale des réfugiés instituée par les Nations Unies. En 2021,on atteint un chiffre record de réfugié fuyant les guerres et les persécutions. Ils sont aussi plus nombreux à avoir été déplacés dans leurs propres pays ou avoir tenté de traverser la Méditerranée.

Camp de migrants à Calais dans la zone des dunes
Camp de migrants à Calais dans la zone des dunes © Radio France / Emmanuel Bouin

Malgré la pandémie, le nombre de personnes fuyant les guerres, les persécutions et les exactions a atteint un record de 82,4 millions, un chiffre deux fois plus élevé qu'il y a dix ans, selon l'ONU.  Selon le rapport annuel de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés publié vendredi, le nombre de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et de demandeurs d'asile a progressé de 4% en 2020 par rapport au chiffre déjà record de 79,5 millions fin 2019.  2020 représente ainsi la neuvième année de hausse continue des déplacements forcés dans le monde.

48 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays

Aujourd'hui, 1% de l'humanité est déplacé et il existe deux fois plus de "personnes déracinées" qu'il y a dix ans quand le nombre total atteignait environ 40 millions, s'inquiète le HCR (Haut commissariat aux réfugiés).

Mais "le grand saut concerne le chiffre des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays", qui s'élève maintenant à 48 millions, "un nombre sans précédent", a souligné le chef de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi., lors de la présentation du rapport.  "Ces chiffres mondiaux des déplacés sont un spectaculaire échec pour l'humanité", a dénoncé Jan Egeland, qui dirige le Norwegian Refugee Council, soulignant "que bien plus de gens sont forcés de se déplacer qu'à n'importe quel moment de la Deuxième guerre mondiale".

Plus de tentatives de traversées de la Méditerranée

Autre record : le nombre de migrants et de réfugiés interceptés en mer et ramenés en Libye par les gardes côtes libyens en vertu d'un accord avec l'Union Européenne. Cette augmentation des tentatives de traversée de la Méditerranée depuis la Libye s’explique par les conditions météorologiques,  plus clémentes mais la raison principale reste la situation humanitaire dans  les pays d’origine des réfugiés qui s’est fortement dégradée car ils ont été frappés de plein fouet par la pandémie de Covid. 

Cela a provoqué un flux ininterrompu de départs avec son lot de drames, de naufrages à huis clos, sans témoins ni secours des bateaux des ONG empêchés d'effectuer des sauvetages. Selon l'ONU, depuis  le 1er janvier plus de 700 personnes sont mortes en Méditerranée. Ce qui est en cause ici, c'est la coopération de l'Europe avec les Gardes côtes libyens, trop peu formés. 

Depuis 2017 Bruxelles  a délégué à Tripoli ses tâches de recherches et de sauvetages  des migrants. Ces 6 derniers mois, Plus de 13 000 d'entre eux ont été rapatriés en Libye  soit plus que durant toute l’année 2020.  Ces personnes ont été enfermées dans des centres de détention sordides et victimes de mauvais traitement et de violences.

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