Éric Dupond-Moretti, l'avocat français du fondateur de WikiLeaks, a annoncé ce jeudi qu'il allait demander à rencontrer Emmanuel Macron afin de déposer une demande d'asile politique. Le procès de Julian Assange, menacé d'extradition vers les États-Unis, s'ouvre lundi à Londres.

Julian Assange à travers la fenêtre du van pénitentiaire qui le conduit au tribunal de Londres, le 1er mai 2019.
Julian Assange à travers la fenêtre du van pénitentiaire qui le conduit au tribunal de Londres, le 1er mai 2019. © AFP / Daniel Leal-Olivas

Julian Assange sera-t-il extradé vers les États-Unis où il risque 175 ans de prison pour "espionnage" ? Le procès du fondateur de WikiLeaks s'ouvre ce lundi 24 février à Londres. À la veille d'une procédure judiciaire qui s'annonce longue, les défenseurs du lanceur d'alerte, actuellement incarcéré dans une prison londonienne de haute sécurité, sont sur tous les fronts. Lors d'une conférence de presse ce jeudi, son avocat français Eric Dupond-Moretti a fait savoir qu'il allait solliciter dans les prochaines heures un rendez-vous avec Emmanuel Macron, afin de déposer une demande d'asile politique en France

Un enfant de nationalité française

"Julian Assange a des critères de rattachement avec la France", a fait valoir le célèbre pénaliste. "Ceux-ci sont d'ordre professionnel puisque WikiLeaks a été hébergé pour partie en France, et puis des critères d'ordre privé, puisque Julian Assange a un enfant de nationalité française qui vit sur le sol français". Ce ne serait pas la première demande d'asile en France déposée par l'Australien. Celui-ci avait essuyé un refus en 2015, au motif que sa situation "ne présentait pas de danger immédiat", selon l'Élysée. 

Éric Dupond-Moretti a également fait part de son intention de saisir de nouveau la Cour européenne des droits de l'homme. "Nous réfléchissons collectivement aux moyens juridiques qui pourraient assurer sa protection de manière concrète, nous envisageons de déposer une série de demandes devant toutes les institutions qui sont mobilisables pour permettre une protection juridique", a abondé Me Antoine Vey.

Il a perdu 15 kilos

Après avoir passé sept ans réfugié au sein de l'ambassade d'Équateur à Londres, Julian Assange a été arrêté en avril dernier et placé en détention à la prison de Belmarsh. Longtemps placé à l'isolement, il a pu être déplacé le mois dernier vers une aile médicale de l'établissement pénitentiaire. 

Ses proches ne cessent d'alerter sur son état de santé. D'après son père, le lanceur d'alerte a perdu 15 kilos depuis le début de son séjour en prison. Ses conditions de détention ont été dénoncées par le rapporteur de l'ONU sur la torture, Nils Melzer, comme une "situation inhumaine" avec "violations de ses droits", qui mettraient sa vie "en danger". En novembre, une soixantaine de médecins ont publié une lettre ouverte exprimant leur "grave préoccupation sur son état de santé physique et mental". "En l'absence de soins, nous redoutons vraiment que M. Assange puisse mourir en prison", écrivaient-ils. À son tour ce jeudi, Éric Dupond-Moretti a expliqué que son client avait "de plus en plus de mal à parler", et était "parfois prostré".

Les autorités américaines lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.  

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