David Cameron
David Cameron © Pascal Rossignol / Pascal Rossignol

Jean-Claude Juncker a été désigné hier candidat pour la présidence de la Commission européenne par les dirigeants des 28. On serait tenté de dire des 27 car la Grande-Bretagne a mené jusqu'au bout son combat pour faire barrage à cette candidature.

Une mauvaise journée pour l'Europe.

C'est avec ces mots que le Premier ministre britannique a commenté la nomination de Jean-Claude Juncker. David Cameron reporche à ses partenaires le choix d'un fédéraliste et d'un homme en quelque sorte imposé par le Parlement. Il a prévenu qu'il serait d'autant plus difficile désormais pour lui de se faire l'avocat d'un maintien de son pays dans l'Union européenne, sujet sur lequel il entend consulter la population en 2017 :

Je crois que l'intérêt national du Royaume-Uni réside dans la réforme de l'UE, dans la tenue d'un référendum sur cette réforme et dans le fait de recommander que nous restions dans une UE réformée. Est-ce devenu plus dur ? Oui.

David Cameron, qui a été lâché par ses alliés, tels la Suède ou les Pays-Bas, pourtant eux aussi opposés à la désignation de candidats par les partis avant les élections européennes, a entamé sa conférence en déplorant "une mauvaise journée pour l'Europe" :

Cela risque de miner la position des gouvernements nationaux, cela risque de miner la puissance des parlementsnationaux et cela octroie de nouveaux pouvoirs au Parlement européen. Aussi est-il important que le Conseil européen ait convenu aujourd'hui de regarder ce qu'il s'est passé et de réfléchir à la manière de gérer la désignation du président de la Commission la prochaine fois. Quant à l'avenir, ce processus a simplement renforcé ma conviction que l'Europe doit changer.

Un retour difficile à Londres ?

Ainsi a-t-il obtenu, comme il l'a annoncé lui-même et comme certains de ses partenaires l'ont confirmé, que les "inquiétudes britanniques" soit étudiées. "C'est dans les conclusions du Conseil européen d'aujourd'hui", a-t-il souligné, comme pour préparer son retour à Londres où il devra montrer que son inflexibilité a pu porter des fruits, à défaut d'avoir fait émerger un autre candidat :

Les conclusions disent aussi explicitement que l'Union [...] respecte le souhait de ceux qui, comme le Royaume-Uni, ne veulent pas d'une plus grande intégration. C'est une déclaration importante mais cela ne clôt pas ce dossier. Loin de là. La campagne pour réformer l'UE est encore longue.

Consensus de la presse britannique sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE. La revue de presse d'Anna du Rocher

Jean-Claude Juncker
Jean-Claude Juncker © Radio France
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